24.10.2018, 18:50

Affaire Khashoggi: MBS brise le silence sur la «douloureuse» affaire Khashoggi

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Ryad a reconnu la mort de Jamal Khashoggi dans la nuit de vendredi à samedi après avoir nié sa mort pendant deux semaines.

Justice Le prince héritier saoudien, jusqu’ici tacite, a brisé pour la première fois le silence sur l’affaire Khashoggi. Il a promis de punir tous les coupables. Donald Trump, non convaincu par ces dires, n’exclut pas une possible implication du prince.

Prenant pour la première fois publiquement la parole sur la mort du journaliste Jamal Khashoggi, le prince héritier saoudien Mohamed ben Salmane a évoqué mercredi un «crime haineux» et un incident «douloureux». Il a promis de faire prévaloir la justice.

L’homme fort du royaume, qui s’exprimait à l’occasion de la conférence internationale sur l’investissement de Ryad, a promis de punir tous les coupables du meurtre du journaliste saoudien, disparu le 2 octobre à l’intérieur du consulat saoudien à Istanbul.

L’héritier du trône a assuré qu’il n’y aurait «pas de rupture des liens avec la Turquie» et que les deux pays travaillaient ensemble pour «obtenir des résultats». «L’incident qui s’est produit est très douloureux, pour tous les Saoudiens (…). Cet incident n’est pas justifiable», a dit «MBS».

 

 

«Fiasco»

Ryad a reconnu la mort de Jamal Khashoggi dans la nuit de vendredi à samedi après avoir nié sa mort pendant deux semaines. Mais le royaume affirme que le journaliste est mort au cours d’une altercation et que le prince héritier n’a aucune responsabilité dans cette affaire.

Dans une interview au Wall Street Journal, Donald Trump n’a cependant pas exclu une possible implication du prince héritier. Interrogé mardi par le quotidien, le président américain a dit bien vouloir croire les affirmations du prince selon lesquelles ce sont des responsables subalternes qui sont à blâmer pour le meurtre de l’opposant saoudien.

Mais il a laissé entendre que les responsabilités pourraient être plus élevées: «Le prince gère les affaires là-bas, surtout à ce stade. (…) Si donc ça devait être quelqu’un, ce serait lui», a dit le locataire de la Maison Blanche, pour qui l’opération de dissimulation saoudienne, «l’une des pires de l’Histoire», a été un «fiasco total».

«Du sang sur les mains»

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a quant à lui juré mercredi de tout faire pour que les responsables et commanditaires du meurtre répondent de leurs actes. La présidence turque a fait savoir que M. Erdogan s’était entretenu par téléphone avec le prince héritier saoudien et que les deux hommes avaient discuté d’«efforts communs pour éclaircir tous les aspects du meurtre» et mesures nécessaires pour faire la lumière sur tous les aspects de l’affaire.

 

 

Les autorités saoudiennes n’ont pas voulu commenter ces affirmations mais Mohamed ben Salmane a nié toute dissension entre Ryad et Ankara. «Il y a maintenant ceux qui essaient de tirer parti de cette douloureuse situation pour créer des divisions entre le royaume et la Turquie», a-t-il dit. «Je veux leur dire qu’ils ne pourront pas y parvenir».

Premières sanctions américaines

L’affaire a tourné au scandale diplomatique. De nombreux dirigeants occidentaux ont préféré boycotter le «Davos du désert», qui a ouvert mardi à Ryad.

 

 

Les Etats-Unis ont annoncé qu’ils allaient révoquer les visas des Saoudiens impliqués dans l’assassinat de Khashoggi. Cette première décision concrète de Washington à l’encontre de son allié vise 21 personnes, dont le visa est révoqué et qui n’ont plus le droit d’en demander un, selon le département d’Etat.

La Première ministre britannique Theresa May a emboîté le pas à Washington, annonçant l’annulation de tout éventuel visa pour le Royaume-Uni, détenu par les suspects de l’assassinat de Khashoggi. La France a, elle, indiqué qu’elle prendra des sanctions «si la responsabilité de l’Arabie saoudite est avérée».

 

 

De son côté, le président iranien Hassan Rohani, dont le pays est le grand rival régional de Ryad, a affirmé qu’il était impensable qu’un pays «ose» commettre un tel crime «sans le soutien des Etats-Unis».

ATS

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