27.01.2018, 00:01

«Un vrai show, avec de grandes plages d’impro»

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Andrea Manzoni (à gauche) a fait appel à Andrea Beccaro pour son projet «Shapin’It», à découvrir au théâtre du Pommier, à Neuchâtel.

 27.01.2018, 00:01 «Un vrai show, avec de grandes plages d’impro»

NEUCHÂTEL Le théâtre du Pommier se met à l’heure du jazz avec Andrea Manzoni. Le pianiste y présente «Shapin It», un concert avec le batteur Andrea Beccaro.

Depuis les origines, le jazz a toujours aimé les lieux un peu interlopes, les sous-sols et les caveaux. A La Chaux-de-Fonds, il s’épanouit régulièrement à la cave du Petit Paris. A Neuchâtel, le jazz contemporain se fait plus rare, mais le voilà à nouveau dans une autre «cave», celle du théâtre du Pommier. Andrea Manzoni, pianiste piémontais vivant à Paris, présente «Shapin’ It», avec le batteur Andrea Beccaro. L’occasion d’une joyeuse conversation téléphonique avec le premier des deux Andrea, malgré une grippe et une fièvre carabinée de l’interviewé.

Andrea Manzoni, les fidèles du Pommier vous reconnaîtront peut-être puisque vous y êtes déjà venu avec une chanteuse arménienne. On était alors bien loin du jazz!

Oui, oui, c’était en 2106 avec Rosy Anoush Svazlian, une très grande chanteuse avec qui j’ai fait le concert le plus important de ma vie, en duo au Carnegie Hall! Dans mes projets tout proches, je vais d’ailleurs enregistrer cette année un album de musique arménienne avec elle.

On soupçonne donc que votre parcours vous a fait visiter pas mal de musiques de tous horizons?

Et comment! Je viens d’une famille de chanteurs d’opéra et d’acteurs de théâtre de Turin. Comme pas mal de petits garçons, j’ai commencé le piano, classique, à 7 ans. A 14 ans, j’ai entendu «Live at Townhall» du trio de Bill Evans, à la radio. Le choc. J’ai commencé à prendre des cours de jazz à Milan avec des gens comme Franco D’Andrea, Stefano Battaglia, Armen Donelian, un guitariste, prof à la New School de New York, qui a joué avec Sonny Rollins et m’a fait aussi connaître la musique arménienne, ce qui m’a amené plus tard à jouer avec des gens comme Rosy Svazlian.

On lit que vous avez même travaillé avec Jan Bang; c’est un pionnier de la musique électroacoustique minimaliste, qui ressemble plus à Pierre Henry qu’au jazz…

Je suis un musicien très curieux et j’adore changer de typologie musicale! J’ai fait un concert avec Jan, et Aldo Romano. J’ai pas mal joué aussi, et fait deux albums, avec Marcel Zeiss, un Bernois; lui, il bidouille ses ordinateurs, ses effets, ses pédales, et moi je joue les mélodies avec mon vrai piano… Mais, vous savez, j’ai aussi beaucoup travaillé pour le «Rete 2» de la Radio suisse italienne au Tessin: j’ai composé la musique pour des masses de «radiogrammes», des pièces de radio- théâtre; j’ai fait aussi la musique de deux films d’Erik Bernasconi.

Parlez-nous de «Shapin’ It», votre concert au Pommier. Deux de vos disques récents sont en trio; pourquoi un duo piano-batterie? Vous avez tué votre bassiste?

Heureusement pas! C’est vrai que le duo est une forme plutôt rare. En fait, c’est devenu naturel pour moi d’écrire sans bassiste. Je joue le piano comme si j’étais seul et je compose pour la batterie. «Shapin’It», ça veut dire «donner de la forme», donner de la forme à notre dernier disque «He Knows Everything». Le disque est très écrit, composé, y compris pour la batterie; pour le concert, on en a fait un vrai show, avec de grandes plages d’improvisation. Deux fois quarante minutes non-stop, comme une suite.

On entend souvent des groupes actuels dire qu’ils vont «au-delà du jazz», qu’ils veulent «dépasser» le jazz. Qu’en est-il de «Shapin’ It»?

Vous avez raison, tous les groupes disent ça; très souvent ils empruntent à la pop, à la soul. Notre musique actuelle est très clairement un mélange de jazz, de musique classique contemporaine et d’électro… sans électricité. Nous espérons que le public interagisse avec nous comme dans un concert de rock. Ce que nous faisons, c’est une musique puissante, avec un piano acoustique et, comme je vous l’ai dit, une pulsion très électro-rock. D’ailleurs, Andrea Beccaro, qui partage sa vie entre Paris, New-York et Moscou, est le batteur de Popa Chubby, l’«énorme» (réd.: 150 kg…) guitariste de blues et de rock.

Théâtre du pommier mardi 30 janvier à 20h.


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