04.12.2017, 00:01

Sur l’île aux kangourous

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 04.12.2017, 00:01 Sur l’île aux kangourous

AUSTRALIE A quelques brasses d’Adélaïde, un éden sauvegardé témoigne des origines de la planète. On le visite pour sa biodiversité.

«Regardez ces incroyables formations géologiques! Elles datent de 300 millions d’années!», s’enthousiasme Ben, guide naturaliste. Découvreur de ce site extravagant en 1892, l’explorateur anglais Matthew Flinders le baptisa «remarkable rocks». On ne saurait mieux dire. Dali aurait aimé les formes – tantôt molles, tantôt torturées – des énormes blocs...

«Regardez ces incroyables formations géologiques! Elles datent de 300 millions d’années!», s’enthousiasme Ben, guide naturaliste. Découvreur de ce site extravagant en 1892, l’explorateur anglais Matthew Flinders le baptisa «remarkable rocks». On ne saurait mieux dire. Dali aurait aimé les formes – tantôt molles, tantôt torturées – des énormes blocs érodés par vents et marées, entassés sur un promontoire dominant l’océan.

Beautés sauvages

On apprend que les 4405 km² de l’île Kangourou – à quelques brasses d’Adélaïde – ont été séparés du continent par une montée du niveau de la mer, il y a environ 10 000 ans. Des outils de pierre trouvés sur place laissent à penser que des aborigènes l’occupaient déjà dix siècles plus tôt. Ils n’étaient pas les seuls, comme en témoigne la richesse de la faune endémique: kangourous, bien sûr, mais aussi wallabies, lions de mer, otaries à fourrure, reptiles, batraciens et quelques rares cacatoès de Latham.

De ce paysage évoquant tour à tour les bocages normands, les landes irlandaises ou les vastes champs canadiens surgissent soudain des portions de forêts séculaires dont la verdure s’accommode de quelques squelettes d’arbres noircis par les incendies ou déjà blanchis par les années. A noter que plus de la moitié du territoire n’a jamais été déboisée. Un tiers de sa superficie est classé en zones protégées.

Les principaux parcs nationaux sont Flinders Chase – refuge de nombreuses espèces, dont des varans et des ornithorynques, parfois des dauphins – et Seal Bay, où paressent en permanence des centaines de phoques et otaries. Devoir payer (cher) pour un coup d’œil rapide sur ce sanctuaire naturel provoque le même malaise que la vente de tickets à l’entrée d’une église.

Heureusement, l’adorable koala n’est pas vénal. L’abondance de son eucalyptus préféré enchante son espèce, introduite sur l’île dès 1923 avec un tel succès qu’elle compterait actuellement 50 000 individus. Une rencontre de ce marsupial est donc assurée pour le plus grand bonheur de ses fans (voir encadré).

Emules de Fizzcaraldo

Combien de lieux, sur la planète, offrent encore le saisissant panorama de plages infinies, aux rivages vierges de toute infrastructure? C’est pourtant sur l’une d’elles – isolée – que Hayley et James Baillie, promoteurs d’une hôtellerie respectueuse de l’environnement, ont réussi à implanter un palace figurant régulièrement au palmarès des dix meilleurs du monde. L’architecte local de cette folle entreprise a si bien intégré son ouvrage au maquis que l’on pourrait parler de camouflage. Aucun luxe ostentatoire au Southern Ocean Lodge, mais un décorum épuré à la scandinave, néanmoins raffiné jusque dans ses moindres détails (voir encadré pratique).

Les privilégiés pouvant s’offrir un séjour ici sont accueillis en pension complète, incluant repas gastronomiques, boissons et wifi. Des guides patentés leur font visiter l’île et commentent la vue incroyable dont jouissent chambres et lobby. Un stagiaire de l’Ecole hôtelière de Lausanne résume sa provisoire condition: «Bien sûr, ici, il n’y a pas grand-chose à faire le samedi soir – si ce n’est du feu dans la cheminée – mais le grand spectacle est permanent.»

Indolente mascotte

L’observation du koala révèle la légitimité de son surnom: «paresseux d’Australie». Comme le mammifère arboricole d’Amérique tropicale figé sur sa branche, il semble totalement épargné par le stress, passant le plus clair de son temps à sommeiller, confortablement assis entre les fourches végétales. La fourrure du koala, particulièrement épaisse à la partie postérieure, constitue un doux matelas. Ce pelage en fait aussi la vedette des magasins de peluches. Pourtant c’est un bon grimpeur, aux mains, pieds et griffes bien adaptés à l’agrippement aux troncs et au maintien de l’équilibre. Habile à saisir les rameaux d’eucalyptus, il est aussi capable de sauter d’arbre en arbre, le mâle se montrant alors plus aventureux que la femelle.

Pratique

Y aller Cathay Pacific relie Zurich à Adélaïde via Hong Kong. A défaut de voler en business, la classe Premium Economy offre un supplément de confort. www.cathaypacific.com On accède à Kangaroo Island par les airs (navettes REX Regional à Adélaïde, www.rex.com.au) ou en ferry (possibilité de combiner les deux).

Visiter Spécialiste du continent, Voyageplan propose un large choix de séjours et découvertes en Australie. www.voyageplan.ch

Séjourner www.southernpacificlodge. com.au

Lire Australie (Petit Futé)

Infos www.pichonvoyageur.ch


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