Sandra aime Léonard qui aime Michelle

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Sandra (Vinessa Shaw), sincèrement, va aimer Léonard (Joaquin Phœnix) qui, avec passion, s'entiche de Michelle (Gwyneth Paltrow). Au mélodrame amoureux vont s'ajouter des tensions familiales dans une famille juive ashkénaze de New York.

Par FREDDY LANDRY
  05.06.2009, 08:51

Léonard Kraditor, après un échec sentimental, rate son suicide par noyade. Il retrouve son milieu familial, couvé par sa mère, travaillant avec son père qui dirige un pressing. D'emblée s'installent deux constantes qui caractérisent déjà les trois films précédents de James Gray («Little Odessa», «The yards», «La nuit nous appartient»): l'importance des liens dans une famille faits plus de tension que d'harmonie, l'enracinement dans un lieu précis, New York. Les personnages sont de milieux relativement modestes. Les familles proviennent de pays de l'Est européen et cette fois d'origine juive. Des tensions liées aux origines rappellent que l'Amérique du «melting-pot» ne se fait pas sans douleurs.

Ce fils, qui n'a plus l'âge d'un adolescent et devrait trouver son autonomie hors du cocon familial protecteur, semble s'accrocher aux siens. Son père va décider de lui faire présenter une du reste charmante brune, Sandra Cohen, fille d'un commerçant qui pourrait s'intéresser à l'exploitation de l'entreprise Kraditor. Dans le même immeuble, Léonard croise une blonde du genre incandescente, Michelle Rauch, qui a du reste un amant marié. Léonard ne rejette pas Sandra: voici pour comprendre le titre. Mais la raison qui vaut pour Sandra et la passion pour Michelle prennent un tour mélodramatique parfois flamboyant. La passion ne sera pas nécessairement gagnante.

Différentes, les deux scènes d'amour physique. Avec Sandra, elle a lieu dans le confort d'une chambre et se révèle sensuelle et tendre. Avec Michelle, elle va se dérouler sur le toit d'un immeuble, dans le froid avec une certaine brutalité qui annonce peut-être une situation conflictuelle. Un soir, alors que Léonard téléphone avec Michelle, qui peuvent se voir d'une fenêtre à l'autre, celle-ci dénude un sein qu'elle «offre» à distance à son amant dans un élan de sensualité douce.

Cette situation d'une fenêtre à l'autre rappelle «Fenêtre sur cour». Gray, dans un entretien, dit avoir montré à toute son équipe un autre film d'Hitchock, «Vertigo». Il fait aussi référence à «Nuits blanches», tant au texte de Dostoievsky qu'au film de Visconti. Il avoue son admiration pour deux courants du cinéma européen, le néoréalisme italien des années 1950 et la nouvelle vague française de 1960.

Gray est donc un réalisateur et scénariste, auteur de film, imprégné de cinéma européen, d'où peut-être sa difficulté à se faire un nom en dehors du circuit d'art et d'essai? Mais les références culturelles n'empêchent absolument pas «Two lovers» d'être original et personnel. /FYL

La Chaux-de-Fonds, ABC, 100 min


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