11.07.2008, 12:00

Plein la vue au «Righi neuchâtelois» devenu Chapeau de Napoléon

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Par Jean-LUc WEnger

Du haut de sa falaise, le Chapeau de Napoléon domine le Val-de-Travers. L'hôtel propose quelques chambres avec vue impressionnante sur Fleurier et le Vallon. Deuxième étape de nos nuits à 1000 mètres dans l'Arc jurassien. De la terrasse en nid d'aigle, on observe un rapace qui profite d'un thermique pour s'élever bien au-dessus de nos têtes. Les fontaines à absinthe glougloutent, sous le chaud soleil de 18 heures, certains danseront avec les Fées ce soir. Du Chapeau de Napoléon, la vue plonge sur Fleurier et porte jusqu'à Couvet et la Clusette. Plus proches, les villages de Môtiers et Boveresse. En pivotant, face au Signal de Fleurier, on découvre Saint-Sulpice.

Cette vue panoramique a valu au Chapeau de Napoléon le nom de «Righi neuchâtelois» au début du XXe siècle, alors que le tourisme fleurissait dans le Val-de-Travers. Et si le projet de téléphérique avait abouti à cette époque, peut-être que Bollywood s'y intéresserait et que les Japonais s'y marieraient.

Les Môtisans nommaient cette extrémité de la Montagne de Buttes «Queue de cochon», «Qùva du pôr» en patois. Le Chapeau a aussi porté le nom de Mont de Sassel. «On retrouve sur la façade cette appellation de Righi neuchâtelois», sourit Eric Stoudmann, le gérant. L'hôtel a été inauguré en 1894 par Joseph Kaufmann. Il se situe à 961 mètres, le rocher qui le surplombe atteindrait les mille mètres exactement. «Là-haut se trouvait une buvette qui portait déjà le nom de Chapeau de Napoléon», conte Eric Stoudmann.

Dans la salle du restaurant, un automate joue de l'accordéon contre une piécette. Une autre grande salle accueille des cars en goguette. A l'étage, un appartement de trois pièces, (salle de bain et cuisine) peut héberger jusqu'à huit personnes. Trois chambres doubles, simples et boisées, complètent l'offre. «C'est pour cette raison que nous parlons plutôt de chambres d'hôtes». Comme il n'exploite la partie hôtellerie que depuis deux ans, il y a encore «un potentiel à développer». Parmi les fidèles, il compte un ingénieur du Nord de l'Allemagne qui avait passé trois mois au Chapeau lors de l'installation de la Féeline à la Robella: «Il revient chaque année avec sa famille.»

Le bouche à oreille fonctionne pour les repas de midi. De plus en plus de clients viennent de l'une des quatre manufactures horlogères du Val-de-Travers. «J'essaie de faire avec les produits du terroir. A la carte, on trouve bien sûr tous les mets au fromage, mais je propose aussi des plats d'été: rosbif, vittelo tonnato ou tartare. Eric Stoudmann est à la tête de l'établissement depuis huit ans. Il a tenu le café de la Gare à Buttes et c'est là que quelqu'un lui a dit: «un jour tu l'auras, le Chapeau». Et vingt ans après, c'est fait! Auparavant, il avait passablement bourlingué. Après son apprentissage de cuisinier aux Diablerets, il a travaillé en Valais, a été chef de cuisine à Saint-Moritz durant près de neuf ans et un peu plus de deux ans à Davos. Revenant régulièrement dans le Vallon où il était arrivé à l'âge de huit ans. Du Chapeau, il le contemple. / JLW

Transports et suggestions de balades

Où? Sur la commune de Saint-Sulpice, le Chapeau de Napoléon surplombe le Val-de-Travers. De la gare de Fleurier, un sentier escarpé y mène en 40 minutes.

Y aller De Neuchâtel, un train des Transports régionaux neuchâtelois (TRN) vous amène à Fleurier. En voiture, montée depuis Saint-Sulpice.

Chapeauwww.chapeaudenapoleon.ch. 032 /861 16 62

Balades Randonnées innombrables, des gorges de la Poëta-Raisse au Chasseron en passant par Buttes et La Robella.

Renseignementswww.neuchateltourisme.ch

Son c?ur de pavé de b?uf sur paillasson neuchâtelois plaît

Eric Stoudmann en rêvait depuis son passage dans les Grisons: proposer une viande dans une assiette en fonte, dotée d?un petit manche sur une planche en bois. De fins gourmets genevois s?extasient. A raison. / jlw

240 mètres plus bas, Fleurier se dessine comme une maquette

Le soir, le gérant du camping de Fleurier, Steve Aeschbacher (dit «Hollen»), est monté au Chapeau raconter quelques histoires de chamois mécaniques «pour attirer les touristes» ou de Gédéon, le mâle qui s'aventure parmi les humains. / jlw

Princesse au balcon

IMPRESSIONS

Enfant, le Chapeau de Napoléon nous apparaissait comme un sommet inaccessible, une forteresse inexpugnable. Calés dans le siège arrière de la voiture qui filait au pied de la montagne , on inventait des histoires de dragons ou de princesses au balcon. On ignorait qu'il ne fallait pas être «homme-araignée» pour atteindre le Graal.

Mercredi, en attaquant gaillardement le raide sentier au départ de Fleurier, on sourit à la vue des chaînes dans certains passages. Pourtant, on s'y cramponnera à la descente, le vide sous les pieds. En grimpant, à mi-parcours, un banc béni nous attend. Il offre la première vue sur le village. De la trouée dans la forêt montent les bruits de fin de journée: un chien aboie au loin, une tronçonneuse rugit, un tracteur pétarade. Au sommet, la princesse n'a pas attendu. / jlw


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