02.08.2015, 10:34

Lole, ambassadrice pop sur ses terres arides

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Lole, fille d'ici qui distille de la pop bien arrangée, lucide et souriante pour ouvrir un festival arrosé. Des musiciens engagés pour proclamer des débuts mouvementés. Nos vidéos? Houston Swing Engine ? Iggy Pop ? Ellipse ? Balkan Beat Box Elle vient d'ici, elle jouait sur la petite scène de la Patinoire dans un coin de béton, c'était il y a pas longtemps et il y a très longtemps aussi. Le festival se nommait Festi'neuch, Olivia Pedroli débutait avec ses chansons tremblantes ramenées de Nouvelle-Zélande. Ils ont grandi. Olivia, petite fille introvertie sillonne la Suisse et un bout d'ailleurs, en Lole nouvelle égérie pop avec son album «Sugary and dry» arrangé par Simon Gerber avec une élégance blues velours côtelé. Le festival se passe désormais au bord de l'eau dans la verdure.

Lole chante son monde de paillettes et d'ordures color?es alors que des trombes d'eau tombent sur le chapiteau. Mais eux, cette bande d'iconoclastes qui l'entourent, ne s'en soucient gu?re. Une famille souriante et d?compos?e avec l'a?n? Daniel Perrin qui criait dans des th??tres: ?C'est mon gamin!?, avec Lee Madeford, qui accompagne aujourd'hui la mutine rouquine. Avec un orgue nomm? Hammond, qui provoqua bien des d?sirs jadis dans les sixties. Perrin sait cr?er des climats, ?une th?orie des nuages?, comme l'?crivait St?phane Audeguy. Toute la Musique de la dame fr?tille avec cette douceur profonde qui caract?rise sa mani?re d'?tre qui clame haut et fort qu'elle s'en fout sans jamais oublier la ?pop?risation? sans posture, cette mani?re de donner la fragilit? du monde version esth?tis?e. Parfois la langue s'attarde sur la sucette et on s'ennuie un peu devant cette brochette de rythmes trop bien faits.

Mais le plus souvent on se sent bien, avec Rapha?l Pedroli, le frangin, qui se la joue Jo Jo Meyer avec classe et entrain. Comme le Zurichois de New York, il peint de la musique soft avec ses atouts de jazzman d?complex?.

A la guitare, Simon Gerber plane sur le Mississippi avec des couleurs, de l'ocre, du soleil presque C?zanne revisit? par Elvis. Et puis Julien Revilloud ? la basse, lui, le guitariste, le Wayne Krantz extraverti nous fait une rythmique de velours. On est du c?t? de chez Lole o? on ferme les yeux, berc? par la voix joueuse et enjou?e, m?lancolique et attendrie. Tu veux une berceuse? Voici ?Please?, un hymne doux ? la volupt?, comme si James Brown avait oubli? le refrain et qu'Ani di Franco venait aider en militante, en cousine.

Il y a tout de cela chez Lole, un voile obscur sur le regard, une capacit? ? vitaliser les coins sombres avec ce soleil dans le c?ur qui appara?t qui nous contamine avant les effluves punks d'Iggy et les basses amplifi?es ? mort, juste de la douceur en intraveineuse assum?e, lyrique et ad?quate.

Un concert de velours, avec cette sinc?rit? qui la d?finit et qui chante la vie ? plein poumons avec timidit? quand m?me. Une ouverture clame et rageuse, un clin d'?il au ciel. / ACA

Alexandre Caldara

Nos vid?os:

Houston Swing Engine - Festi'neuch, 1er juinHouston Swing Engine - Festi'neuch 1er juin - L'Express et L'Impartial
Houston Swing Engine - Festi'neuch 1er juin - L'Express et L'Impartial

Iggy Pop - Festi'neuch, 1er juinIggy Pop - Festi'neuch 1er juin - L'Express et L'Impartial
Iggy Pop - Festi'neuch 1er juin - L'Express et L'Impartial
Ellipse - Festi'neuch, 1er juinEllipse - Festi'neuch 1er juin - L'Express et L'Impartial
Ellipse - Festi'neuch 1er juin - L'Express et L'Impartial
Balkan Beat Box - Festi'neuch, 2 juinBalkan Beat Box - Festi'neuch 2 juin - L'Express et L'Impartial
Balkan Beat Box - Festi'neuch 2 juin - L'Express et L'Impartial

New wave sous le soleil

Nouvelle Vague, un concept devenu groupe au fil des concerts, ne laisse personne indifférent. Entre blasphème et génie, certains préfèrent se laisser bercer par leurs mélodies langoureuses alors que d'autres se tournent avec mélancolie vers les années où le rock et la pop étaient teintés de noir. Ce concept ambitieux consiste à réorchestrer de grands titres new wave en version bossa-nova. Le nom était donc tout trouvé pour Marc Collin, Olivier Libaux et leurs collaboratrices. Mais tout cela à de quoi laisser sceptiques les fans de Cure, Joy Division ou de Souxsie and the Banshees. En effet, pour beaucoup, la new wave demeure la bande son idéale des tourments existentiels et échanger le khôl noir contre une crème autobronzante peut paraître pour le moins incongru.

Pourtant en deux albums, Nouvelle Vague a repris avec un indéniable talent «Love Will Tear Us Appart» de Joy Division, «Bela Lugosi's Dead» de Bauhaus, mais également les plus synthétiques «Just Can't Get Enough» de Depeche Mode ou «Fade to Grey» de Visage. Explorant les diverses faces de la new wave et de ses dérivés, ils n'épargneront personne, de New Order à Killing Joke, des Sisters of Mercy aux Lords of the New Church, sans pour autant verser dans l'iconoclasme. A revêtir Ian Curtis d'une chemise hawaïenne et faire bronzer les corbeaux, la musique perd de son intensité, mais gagne en sérénité et apaisement. Malgré les apparences, le concept conserve une certaine sincérité. En effet, tant qu'à composer de la pop référencée, autant piocher dans les formules dont l'efficacité a fait ses preuves et miser sur un décalage rafraîchissant.

Nouvelle Vague est au demeurant une excellente manière de (re)découvrir des groupes trop vite oubliés ou d'autres relégués à tort au musée du post-punk et de déprimer le sourire aux lèvres. Il est à parier que soleil et brouillard se disputeront l'ambiance de Festi'neuch demain. / vdt

Nuit de pluie

MURMURES - Par Jean-Luc Wenger (jlwenger@lexpress.ch)

Il faut d?abord franchir la gouille avant d?atteindre la petite plage de galets et ses canapés colorés. Sous un parapluie, les yeux dans le bleu du lac, on observe le bleu très foncé de l?étendue, miroir du ciel gris, hier soir sur les Jeunes-Rives. L?ouverture des portes a été repoussée d?une heure, on s?affaire dans tous les coins, on installe les panneaux «infirmerie». De l?échoppe à thé s?échappe des parfums sucrés. Le Phare voisin, et sa chauve-souris publicitaire, plonge dans l?eau. Les pieds dans l?herbe humide, on goûte au concert-apéro. Au Lacustre, la petite scène, le groupe Ellipse attaque son concert devant un public clairsemé. Les fidèles du groupe régional se massent devant la scène, les curieux bravent la pluie et se joignent aux premiers rangs. Un peu diluée par les flots de la section rytmique, la voix de Bernt se perd parfois. Pourtant, le chanteur se démène et convainc. Sur la chanson «Supermusée», il se juche dans un caddie géant qui donne tout son sens au texte. Il dit: «aujourd?hui jour de pluie revient la nostalgie». Pas sûr, la nuit attend l?Iguane.


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