26.10.2018, 14:01

«Le produit Vigousse» s’expose au temple du Bas à Neuchâtel

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"Vigousse" fabriqué en usine: une exposition à voir dès ce lundi 29 octobre au temple du Bas, à Neuchâtel (ici au Salon du livre de Genève, en mai dernier).

Presse satirique L’exposition de l’hebdomadaire satirique romand s’attaque avec cynisme à la «marketisation» de la presse en se présentant comme un produit usiné.

«L’Hebdo» s’est fait dézinguer en février 2017. «Le Matin» l’a suivi dans sa tombe une année et demie plus tard. Deux morts soudaines, mais peu surprenantes, voire sinistrement attendues. Leurs propriétaires respectifs, Ringier et Tamedia, ne pouvaient plus se permettre de donner la becquée à ces deux poules aux œufs plus d’or du tout. A l’abattoir!

Cette réalité amère, celle des journaux considérés comme de vulgaires articles commerciaux, quoi de mieux que le regard externe d’un canard indépendant pour lui voler dans les plumes?

En dix panneaux de deux mètres sur trois, ornés de fresques de Vincent di Silvestro, «Le produit ‘Vigousse’» dresse le sombre portrait d’une fabrique où les rédacteurs sont séquestrés dans des cages exiguës et les dessinateurs soumis à des tests qualité intransigeants menés par des robots. Le tout accompagné de notes explicatives glorifiant la fabuleuse organisation millimétrée du journal satirique…

Une manière pour l’hebdomadaire romand de dénoncer par le sarcasme cette «marketisation» de la presse, gobée par des groupes voraces qui semblent davantage se soucier de remplir les caisses que de manier avec précaution l’un des chaînons indispensables de la démocratie.

Duels au crayon

Dès ce lundi, «Le produit ‘Vigousse’» s’installe pour une semaine au temple du Bas, dans le cadre de la Semaine des médias. Avant de présenter l’exposition pour la toute première fois au Salon du livre de Genève, en mai, ses auteurs l’ont au préalable usinée en séance de rédaction pour en faire un outil pédagogique en béton, à l’intention des écoles. «On l’a conçue comme un cours d’éducation civique rigolo pour des enfants de 14 ans», précise Jean-Luc Wenger, journaliste à «Vigousse». Car le ton reste mordant, même s’il s’agit de décrypter le quotidien d’un hebdomadaire satirique. 

Et le rédacteur d’ajouter que, bien entendu, les adultes y trouveront leur compte. Notamment à l’occasion d’une table ronde intitulée «Journalisme d’investigation et satire, même combat?», qui verra Ludovic Rocchi (RTS), Patrick Oberli (Tamedia) et Stéphane Babey («Vigousse») croiser le fer. Caro, Sjöstedt, Barrigue et Vincent L’Epée, eux, s’affronteront au crayon lors de duels dessinés. Ça va saigner!

Plus d’infos

«Le produit Vigousse», au temple du Bas à Neuchâtel du lundi 29 octobre (inauguration à 18h, duels de dessins à partir de 19h) au lundi 5 novembre, de 14h à 18h. Débat «Journalisme d’investigation ou satire, même combat?» le jeudi 1er novembre à 19h15.


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