30.11.2017, 00:01

Le Père Noël ne sait plus où crécher

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L’enchantement de Noël imaginé par l’artiste Carol Gertsch, alias Carolus.

 30.11.2017, 00:01 Le Père Noël ne sait plus où crécher

Qu’ils étaient beaux les Noëls d’antan. Les enfants recevaient une orange et tout le monde célébrait la Nativité unis en une pieuse simplicité, paraît-il

Puis, ce païen de Père Noël s’en est mêlé avec sa hotte clinquante et ses rites consuméristes sacrilèges. Puis, des scientifiques ont découvert que Jésus de Nazareth ne serait né ni en l’an 0 de notre ère, ni à Bethléem, ni même un 25 décembre.

Et maintenant, voilà que les crispations identitaires autour de la laïcité...

Qu’ils étaient beaux les Noëls d’antan. Les enfants recevaient une orange et tout le monde célébrait la Nativité unis en une pieuse simplicité, paraît-il

Puis, ce païen de Père Noël s’en est mêlé avec sa hotte clinquante et ses rites consuméristes sacrilèges. Puis, des scientifiques ont découvert que Jésus de Nazareth ne serait né ni en l’an 0 de notre ère, ni à Bethléem, ni même un 25 décembre.

Et maintenant, voilà que les crispations identitaires autour de la laïcité ébranlent les symboles religieux. Adieu crèche, divin enfant, Melchior, Gaspard et Balthazar.

La parole aux artistes

Franchement, quel casse-tête pour raconter Noël aux enfants aujourd’hui. Quel sens donner à la plus importante fête de l’année sans tomber ni dans la mièvrerie, ni dans les clivages stigmatisants?

La question, nous l’avons posée à des artistes qui ont une actualité jeune public dans le canton.

Pour commencer, une petite visite par la «Maison du Père Noël» s’impose. L’exposition s’ouvre samedi au Musée paysan dans un malicieux mélange d’objets anciens et contemporains avec pour décors des panoramas peints par l’artiste Carolus. On y voit la cuisine du Père Noël, son lit, sa brosse à dents, son trône – de superbes WC fleuris. Mais de crèche, de références religieuses aux Noëls d’antan, nulle trace.

«Nous parlons du Père Noël et non de la fête religieuse de Noël», précise la conservatrice du musée, Diane Skartsounis. «C’est l’histoire de ce personnage qui nous intéresse, les symboles liés à sa mythologie bien antérieure à celle du christianisme. Nous nous sommes amusés à imaginer la vie quotidienne du Père Noël, sans autres prétentions mais avec beaucoup de détails.»

Cachez ces symboles...

Pourtant, l’un et l’autre concourent à la magie de la fête, défend, pour sa part, la chanteuse Sonia Grimm. L’artiste, qui émerveille les enfants avec ses shows féeriques et ses robes de princesse, met le Père Noël et le petit Jésus à égalité dans ses chansons: «L’un et l’autre représentent des repères, des rituels, qui nous rattachent à nos racines.»

La tendance est toutefois à une fête édulcorée de ses symboles judéo-chrétiens, en particulier dans les écoles.

«Ce ne sont pas les symboles qui sont gênants, mais leur utilisation», estime toutefois Benjamin Knobil. L’auteur des aventures de Petchi, albums qui revisitent le patrimoine helvétique et ses clichés, poursuit: «Ces symboles font partie du patrimoine. A ce titre, ils ont leur place dans une société sécularisée, mais il faut les expliquer aux enfants, les replacer dans leur contexte culturel.»

T’as le look, Papa!

Le monde change, le sens de la fête aussi. Mais Papa Noël, lui, a toujours son vieux traîneau, sa cape démodée et ses radotages de père la morale exhortant les enfants à la sagesse.

Et alors? «Je ne vois pas pourquoi il faudrait raconter Noël différemment», glisse Sonia Grimm. «C’est rassurant de voir que le Père Noël délivre toujours le même message. Si l’on peut fêter Noël aujourd’hui de la même manière qu’il y a 40 ans, c’est signe que le monde ne va pas si mal.»

Il y a quand même une petite différence. Pour Benjamin Knobil: «L’envie de se raconter des histoires et d’y croire est un des moteurs de tout être humain. Mais nous ne sommes plus dans un village. Avant, il n’y avait qu’une seule histoire, racontée comme une vérité absolue. Maintenant, il y en a beaucoup d’autres et c’est encore plus beau ainsi.»

Ouf! La magie de Noël est sauve.


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