02.08.2015, 17:53

Herzog et de Meuron organisent poétiquement un chaos métallique

chargement
Par FREDDY LANDRY

Nonante minutes pour tenter de comprendre le plus grand chantier conduit par les architectes bâlois. Une intéressante entrée en matière pour l'année olympique. L e duo d'architectes bâlois, Jacques Herzog et Pierre de Meuron, était déjà mondialement connu (le stade de Munich par exemple) quand leur bureau, avec ses 200 collaborateurs, fut chargé de construire à Pékin le stade principal des Jeux olympiques de l'été 2008. Le plus grand chantier conduit par leur entreprise, mené à bien en quatre ans, est au final tel qu'ils l'ont conçu, certes à travers parfois d'intenses négociations. Ils en assument donc l'entière responsabilité.

Le concours s'ouvre en 2002. Leur projet est bien accueilli. Mais il faut prendre le risque d'avancer sans avoir obtenu ni le oui, ni le non chinois, rude apprentissage pour un occidental. Mandat enfin confirmé, il faut mener à bien un chantier immense en quatre ans. Parallèlement, un autre projet doit être développé, construire un «quartier» pour 300 000 habitants dans une ville de province, Jinhua.

Un artiste chinois qui vécut quelques années aux Etats-Unis, Ai Weiwei, devenu leur ami, servira d'intermédiaire entre les architectes suisses et les autorités chinoises d'une ville qui n'a rien à voir avec les JO.

Que peut-on, en nonante minutes, aborder et faire comprendre s'il y a deux réalisateurs probablement chacun à la tête d'équipes qui opèrent parfois séparément. Quelques rares plans permettent à une caméra de saisir l'autre dans son champ. Pas de prise de position politique sur la Chine contemporaine. A peine croise-t-on un jeune artisan qui rêve de voiture. De multiples choix vont donc s'imposer au montage.

Deux architectes en Chine conduisent un formidable chantier, avec des collaborateurs chinois. Leur stade aura la forme d'un confortable nid d'oiseau en forme d'?uf ouvert sur le ciel. De puissantes pièces de métal joueront une symphonie de formes apparemment chaotiques. Conduire à bien un tel projet implique de s'imprégner de la culture du commanditaire, trouver avec sensibilité les moyens de la comprendre et la manière d'y répondre. Les architectes ont su trouver deux partenaires pour les aider, un ancien ambassadeur de Suisse en Chine, fin amateur d'art, M. Sigg, et un artiste chinois, Ai Weiwei, indispensables pour la réussite du dialogue.

Le film par divers moyens aurait peut-être dû en dire davantage dans une démarche pédagogique informative qui déjà freinait ses timides élans poétiques. On y évoque un conflit avec le vice-maire de Pékin sans en comprendre ni la source ni la solution, entre autres.

«Bird's nest» est une intéressante entrée en matière cinématographique à l'année olympique. On pourra voir prochainement «Train de nuit», un film chinois de fiction d'une humaine et pessimiste force ou «Paysages manufacturés», vision poétique du monde malmené, aussi en Chine, par les excès de l'industrialisation. /FYL

Neuchâtel, Apollo 3

Un autre film suisse surprenant

Rassurez-vous, en dépit de son titre qui pourrait certes prêter à confusion, il ne s'agit nullement de la biographie filmée de Marcel Ospel, notre héros comptable du moment, mais bien de l'un des films suisses parmi les plus surprenants de la décennie! Jeune requin de la finance nageant en eaux troubles, Roger (Beat Marti) plonge dans les eaux du lac de Constance pour fausser compagnie aux douaniers qui ont reniflé son argent sale. Ce plongeon entraîne le golden boy dans un monde incertain, régi par un temps très relatif, peuplé de sirènes high-tech, elles-mêmes flanquées de sorcières peu bancables. Ensorcelé par l'une d'entre elles, le beau Roger doit passer trois épreuves pour espérer rompre le charme. Très en verve, Thomas Imbach tisse une fantaisie aux accents contemporains, qui convoque pêle-mêle, avec un bel aplomb, Homère, les frères Grimm et le secret bancaire! Cinéaste passionnant, mais encore méconnu sous nos latitudes romandes, Thomas Imbach signe avec «I Was A Swissbanker» (2007) son film le plus accessible, même s'il demeure dans la ligne quasi expérimentale de «Lenz» (2006), une transposition réussie de la nouvelle de Büchner dans le paysage kitsch et dévasté d'une station de ski suisse très people? /vad

Neuchâtel, Apollo 3

Résumé du jour

Ne ratez plus rien de l'actualité locale !

Abonnez-vous à notre newsletter et recevez chaque soir toutes les infos essentielles de la journée!

Recevez chaque soir les infos essentielles de la journée !

À lire aussi...

MusiqueLes artistes programmés en 2020 se produiront au Corbak Festival l'an prochainLes artistes programmés en 2020 se produiront au Corbak Festival l'an prochain

événementLa Brocante du Landeron est annuléeLa Brocante du Landeron est annulée

CultureNeuchâtel: le théâtre du Passage attendra septembre pour rouvrirNeuchâtel: le théâtre du Passage attendra septembre pour rouvrir

MusiqueDeux DJ neuchâtelois séduisent le label du célèbre DJ HardwellDeux DJ neuchâtelois séduisent le label du célèbre DJ Hardwell

ChallengeLes internautes pastichent les œuvres du Musée des beaux-arts de La Chaux-de-FondsLes internautes pastichent les œuvres du Musée des beaux-arts de La Chaux-de-Fonds

Top