03.08.2015, 09:01

Goût de bouchon chez Pixar

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Par VINCENT ADATTE

Souvenirs, souvenirs… Sorti en 2006, «Cars» voyait les studios Pixar recréer avec leur audace coutumière un univers parallèle où l'automobile se passait de l'homme pour vivre ses propres aventures motorisées.

La vedette incontestée en était Flash McQueen, une voiture de course qui apprenait à voir le monde autrement, après avoir emprunté une route secondaire peuplée de guimbardes délicieusement obsolètes. Même si ce millésime était déjà un peu en deçà des productions des inventeurs de «Toy Story» (1995) et autre «Monde de Nemo» (2003), son éloge certes un brin réac de la lenteur ne manquait pas d'attrait!

Espionnage industriel

Soumis à la logique affective et commerciale du «sequel», les tacots numériques repassent aujourd'hui la deuxième pour de nouveaux exploits vrombissants, avec la 3D de rigueur.

Sous l'influence de Mater, son amie dépanneuse très gaffeuse, Flash McQueen se décide à participer à un prestigieux championnat mondial sur des circuits situés dans divers pays. Débarquant au Japon où a lieu la première course, notre duo est aussitôt mêlé à une affaire d'espionnage industriel très épineuse. Animés de fort mauvaises intentions, certains bolides souhaitent profiter de ces joutes mécanisées pour mettre à mal un projet révolutionnaire d'«essence propre»… Si ce scénario très «géographique» permet de jouer de façon amusante avec les stéréotypes culturels, l'ennui risque pourtant fort de gagner les plus âgés car, cette fois, le charme n'opère pas. Pourtant fondateur des studios Pixar, John Lasseter paraît en effet avoir oublié le principe à l'origine du succès tant critique que populaire de toutes ses créations: le supplément d'âme, c'est-à-dire la prééminence du scénario sur la technique, au point de nouer d'émotion la gorge du spectateur le plus endurci («Là-haut», «Toy Story 3») ou d'ébaubir le critique le moins bien disposé (la première demi-heure muette et sidérante de «Wall-E»).

Morale à deux balles

Avec son souci environnemental de façade, ses éléments de parodie déjà mille fois vus, sa morale à deux balles et sa Musique désagréablement redondante, «Cars 2» verse vite dans le fossé de la monotonie et finit par manquer singulièrement de profondeur (malgré les effets de relief), ce qui est une première en regard de l'exigence du sieur Lasseter en la matière.

Certains esprits chagrins (dont je suis) ne manqueront pas de mettre en rapport ce ratage avec le rachat par Pixar de la société Disney en 2006. Promu grand manitou de l'empire de l'Oncle Walt, Lasseter aurait pu tenter de le convertir à sa méthode qui privilégie le cœur et la passion (comme il s'est longtemps plu à le répéter). Las, c'est peut-être le contraire qui est en train de se produire, comme si la taylorisation des esprits, instaurée depuis belle lurette chez Disney, avait commencé à contaminer l'artisanat numérique de haut vol made in Pixar… Evidemment, nous souhaiterions être détrompés au plus vite!

 


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