02.08.2015, 19:44

Eastwood, toujours là où on ne l'attend pas

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Par RAPHAËL CHEVALLEY

Avec sa patte de metteur en scène, Clint Eastwood livre un mélodrame d'une grande densité qui, de façon inattendue, sonde le rapport à l'au-delà autant que le monde où se cherchent les vivants.

A80 ans passés, Clint Eastwood poursuit son exploration de la mort, plus exactement des liens que les vivants entretiennent avec celle-ci. En ce sens, «Au-delà» («Hereafter») peut être relié au deuil nié de «L'échange» (2008). Mais le réalisateur surprend toujours: pour raconter trois histoires qui se déroulent aux quatre coins du globe, il n'hésite pas à flirter avec le fantastique et, contrairement à son habitude, à user d'effets spéciaux délirants…

A Paris, il y a Marie (Cécile De France), une vedette de la télévision française. En vacances en Thaïlande, elle réchappe du tsunami. Eastwood convoque alors une séquence émaillée d'une déferlante numérique qui rend bien la violence d'un tel drame. Le cinéaste répétera d'ailleurs avec brio l'insertion dans son récit d'actualités terrifiantes.

A Londres, il y a le jeune Marcus, disloqué par la disparition subite de son frère jumeau. Enfin, à San Francisco, George (Matt Damon) peut, d'un simple contact avec des personnes en deuil, communiquer avec leurs proches décédés. Considérant pourtant son don comme une malédiction, il préfère bosser comme ouvrier sur un transpalette que jouer au médium. Grâce à une lumière révélant des fragments de visages et de décors, Eastwood crée des contrastes intenses et, fidèle à ses méthodes, livre une mise en scène classieuse. En les reliant uniquement par le thème de la mort, il noue et dénoue les fils de son récit. Dès lors, c'est par hasard, ou plutôt grâce à son admiration certaine pour Charles Dickens (lui-même pionnier dans les narrations simultanées) que les trois histoires se rencontrent pour poser une multitude de questions, non seulement sur la mort, mais surtout sur la nécessité de créer des liens avec autrui: chacun cherche sa place et aspire à la sérénité dans un univers connecté à internet, où les charlatans sont légion et où tout le monde est remplaçable sur le champ, l'ouvrier comme la star de télé. On déplorera cependant la Musique sirupeuse composée par Clint Eastwood lui-même et sa représentation de l'au-delà en éclairs blancs et en vrombissements, inutiles au propos. /RCH

Neuchâtel, Arcades; La Chaux-de-Fonds, Plaza; 2h09


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