03.08.2015, 08:58

Avignon, «le petit rêve impossible»

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Par CATHERINE FAVRE

Pas très sages, ces oiseaux-là! Mais si chatoyants, caressants, mordants aussi parfois! Tendres et ironiques à l'image des petites choses grappillées à la vie et restituées sur scène en chanson, texte, danse et Musique. Formé des artistes et sœurs chaux-de-fonnières Danièle Golan et Martine Meyer, ainsi que du comédien genevois Jean-Roger Laforge, la compagnie Les Oiseaux de PasSage va s'envoler en Avignon, du 6 au 31 juillet, dans le cadre du festival off. Un formidable tremplin pour la jeune troupe née en 2009. Danièle Golan: «C'est le petit rêve impossible, un coup de chance incroyable. Le off accueille chaque été quelque 1000 compagnies réparties dans plus de 100 théâtres, cela n'a rien d'un festival de rue comme on le croit souvent».

Piments noirs, triple ration

A la fois interprètes et auteurs, jouant de leur complémentarité artistique, les trois amis ont créé de toutes pièces leur spectacle, «Piments noirs», intégrant plusieurs modes d'expression. Compositrice des musiques du spectacle et flûtiste à bec, Danièle Golan se définit comme «une espèce hybride en mutation, celle des musiciens-comédiens». L'artiste a abandonné un cursus académique pour brûler les planches plus aventureuses de la troupe genevoise La Compagnie Atypique durant six ans, puis des Oiseaux de PasSage depuis 2009.

Formée au ballet classique, mais aussi à la danse contemporaine, au jazz, au flamenco, au jeu de masques, Martine Meyer assure chorégraphie et gestuelle, quand elle ne joue pas de l'accordéon. Comédien, auteur-compositeur-interprète, Jean-Roger Laforge écrit des textes ciselés dans le vif de l'existence. Articulé en une vingtaine de tableaux, leur spectacle raconte l'amour, la solitude, la vieillesse, la folie sur le mode d'un cabaret poétique.

Lieux intimistes

Destiné à des salles intimistes, «Piments noirs» a été essentiellement présenté dans le Bassin lémanique et en France voisine, souvent dans des lieux peu convenus, telles «une grotte, une tour médiévale, diverses scènes alternatives». Le Festival d'Avignon constitue une étape supplémentaire. Le trio a été engagé par le théâtre Laurette (ex-Funambule) pour un mois de représentations quotidiennes. Une aventure qui représente avant tout «l'occasion de partager une expérience unique», relève Martine Meyer, avec des yeux émerveillés de petite fille.

 

Avignon
Du 6 au 31 juillet à 17h, théâtre Laurette (ex-Funambule), place Crillon (accès rue Joseph-Vernet),
www.festival-off-avignon.com, www.les-oiseaux-de-passage.com

Deux sœurs complices et confidentes sur scène comme dans la vie

Malgré un parcours différent et un écart de quatre ans, les sœurs Meyer, toutes deux quadras, cultivent une complicité sans faille sur scène comme dans la vie. L'aînée, Danièle la musicienne, mariée, mère de deux enfants, vit à La Chaux-de-Fonds. Martine la danseuse, assistante sociale à temps partiel, «ni mari, ni enfants», a fait son nid à Neuchâtel. Portraits croisés.

Si votre sœur était un oiseau?

Danièle: virevoltante, espiègle, je verrais bien Martine en bergeronnette.

Martine: Danièle serait plutôt un martin-pêcheur: directe, colorée, acrobatique.

Quand votre s½ur n'était qu'un oisillon?

Danièle: Martine a toujours été sensible, à l'écoute, très fantaisiste, rêveuse.

Martine: Danièle avait déjà un côté rebelle. Avide de justice, elle s'impliquait dans toute sorte de causes.

Premier envol sur scène?

Martine: mon premier spectacle de ballet avec l'école de danse de Mme Meunier au Théâtre de La Chaux-de-Fonds, j'avais 10-12 ans, je dansais dans «Le Feuillu», je trouvais cela magique.

Danièle: curieusement, ce ne sont pas les concerts, même dans des salles importantes, qui m'ont marquée, mais mes débuts à La Compagnie Atypique. Composer, explorer, ne plus être une «simple instrumentiste» fut une révélation.

Même ramage et même plumage?

Martine: même si nos traits sont différents, il y a une étonnante similitude dans les expressions, les attitudes. On nous prend souvent pour des jumelles et on en joue sur scène comme dans la vie.

Danièle: sur certaines photos, il nous est parfois arrivé d'hésiter...

Votre dernière prise de bec?

Danièle: dans la vie, jamais! Mais sur scène, j'ai un côté plus académique, Martine est plus spontanée, ce qui peut s'avérer parfois déstabilisant.

Martine: Danièle a toujours été très engagée, c'est une qualité extraordinaire, mais ce n'est pas toujours facile de la suivre, j'ai parfois envie de lui dire de ralentir... / cfa

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