19.04.2016, 00:01

Traiter les maladies de l’intestin

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Un intestin géant présenté à la clinique Montbrillant par la Ligue neuchâteloise contre le cancer à l’occasion des deux journées de sensibilisation organisées début mars.
Par BRIGITTE REBETEZ

COLOPROCTOLOGIE COLOPROCTOLOGIE Une spécialité ambulatoire développée à La Chaux-de-Fonds.

La coloproctologie? C’est le traitement médicamenteux et chirurgical des affections du côlon, du rectum, de l’anus et du plancher pelvien (périnée). Autrement dit, une spécialité méconnue du grand public et souvent tabou, chez les messieurs en particulier. «Les hommes ont tendance à temporiser avant de consulter et lorsqu’ils se décident à prendre rendez-vous, c’est souvent trop tard!», expose le Dr Xavier Delgadillo, médecin responsable de l’unité de coloproctologie de la clinique Montbrillant, à La Chaux-de-Fonds. Cette unité réunit trois autres médecins, un coloproctologue avec une sous-spécialisation en oncologie, un gynécologue spécialiste du plancher pelvien et un gynécologue-obstétricien.

Prise en charge de pointe

Depuis une décennie, la clinique Montbrillant a développé une prise en charge de pointe spécialisée dans le domaine de la coloproctologie, à la fois pour le diagnostic comme pour le traitement ciblé des maladies intestinales. La disponibilité de l’équipe soignante est une priorité – une endoscopie rectale ou une échographie endo-recto-anale, par exemple, peut être effectuée sans délai d’attente et seulement avec une préparation mineure. L’unité dispose d’une hotline tant téléphonique qu’électronique pour répondre aux questions des médecins traitants, des patients et des personnes souffrantes d’une affection en coloproctologie (plus d’informations sur le site internet www.procotologica.com).

Pour le diagnostic des troubles de la statique pelvienne et du plancher pelvien, l’unité dispose d’appareils novateurs et très performants comme la manométrie endoscopique en 3D (appareil qui permet d’effectuer des mesures de pression musculaire et de contraction des sphincters dans l’intérieur de l’intestin, le tout en trois dimensions). Ainsi, le diagnostic de problèmes survenus lors de l’accouchement, par exemple, peuvent être traités sans opération avec une prise en charge par rééducation et physiothérapie des muscles concernés, traitements pratiqués par les collaborateurs et collaboratrices spécialisés en lien étroit avec l’unité de coloproctologie de la clinique Montbrillant.

Techniques peu invasives

En cas de lésions musculaires du périnée ou des sphincters, les médecins proposent des techniques micro-invasives ou minimalement invasives afin de réaliser un geste chirurgical peu douloureux et plus facile à récupérer en post-opératoire. En cas d’incontinence fécale associée, une palette de traitements est proposée, partant de la plus simple injection d’agents volumétriques en passant par des méthodes innovantes elles aussi, comme la neurostimulation ou microstimulation électronique des nerfs liés à la continence. La chirurgie réparatrice est gardée pour les cas qui le requièrent.

La plupart des patients sont traités de manière ambulatoire (lire encadré), y compris pour les opérations plus complexes. Les médecins pratiquent la microchirurgie endoscopique en 3D, en cas de tumeurs du rectum. Opération faiblement invasive, avec une résolution de haute qualité en trois dimensions et généralement pratiquée par abordage trans-anal. Méthode qui cumule plusieurs avantages , en plus d’éviter l’ouverture la paroi abdominale: moins de douleurs post-opératoires, risque d’infection réduit, diminution de la durée de récupération et de l’arrêt de travail, l’ensemble sans grosse cicatrice, détaille le Dr Delgadillo.

Multiples affections

Comme tout autre organe, le gros intestin peut souffrir de multiples maladies, les plus redoutables étant les cancers du côlon, du rectum et de l’anus (lire encadré). Comme affections malignes et bégnines, les plus fréquentes sont le côlon irritable (troubles de la motricité intestinale) et la maladie diverticulaire dans sa forme la plus grave, l’inflammation ou infection des diverticules (petites poches apparaissant le long de la paroi du côlon) qui provoquent douleurs, fièvre, voire quand elles se rompent, une péritonite parfois mortelle. Les troubles diverticulaires se multiplient avec l’âge: 50% des sexagénaires sont concernés, contre 10% des trentenaires. Le gros intestin peut aussi contracter des affections inflammatoires chroniques, des atteintes complexes comme la maladie de Crohn et la recto-colite ulcéreuse.

Toute l’activité de coloproctologie est pratiquée, en réseau avec les spécialistes du domaine. La volonté étant de renforcer les liens entre les différents acteurs cantonaux et régionaux pour proposer aux patients une filière de soins moderne, adaptée aux meilleurs standards.

Prévenir le cancer du côlon

En termes de fréquence, le cancer du côlon se classe au 3e rang en Suisse. C’est une maladie insidieuse: lorsque les premiers symptômes se manifestent (sang dans les selles, modification du transit, fausse envie d’aller à selle, douleurs abdominales subites), elle a souvent déjà atteint un stade avancé. D’où l’importance de la sensibilisation, à l’instar des journées d’information organisées début mars à la clinique Montbrillant avec la Ligue neuchâteloise contre le cancer. Le public a pu visualiser l’évolution de cette maladie en déambulant dans une maquette du gros intestin géante, en 3D et longue de huit mètres.

Décelé tôt, le cancer de l’intestin a de bonnes chances d’être soigné. Par conséquent, un dépistage est recommandé chez toute personne sans antécédents dès l’âge 50 ans. Il existe plusieurs méthodes pour la détection précoce du cancer de côlon: une des plus simples est le test de sang occulte dans les selles – test rapide et disponible sur ordonnance en pharmacie et chez les médecins généralistes, mais qui présente toutefois des risques de faux négatifs et faux positifs. Un autre examen plus fiable est la coloscopie. Il consiste à examiner l’intérieur du rectum et du côlon avec une minicaméra fixée sur un tuyau souple et maniable (endoscope). Après une préparation intestinale indispensable pour l’examen, pendant que le patient est sous sédatif, le médecin examine l’intégrité du colon et du rectum. Il peut procéder à l’ablation de polypes en cours de l’inspection, et si nécessaire enlever d’autres lésions suspectes, procéder à la cautérisation des vaisseaux susceptibles de saigner, enlever des excréments impactés ou dilater des rétrécissements secondaires ou primaires.

En matière de prévention, il est recommandé d’éviter le surpoids (qui augmente le risque de cancer de l’intestin) et de privilégier une alimentation équilibrée riche en fruits et légumes, une activité physique régulière, mais aussi de boire entre 1,5 et 2 litres d’eau/jour, d’aller à selle à heures régulières et d’éviter les irritants intestinaux (épices, alcool, café, etc.). Autrement dit, un mode de vie sain profitera à l’intestin.

 

Les maladies de l’anus et du rectum

La proctologie est pour le médecin de famille un souci quotidien. Un examen standard permet de régler des situations apparemment confuses, mal vécues par le patient. La plupart des maladies proctologiques sont curables et, si elles sont bien traitées, les résultats sont excellents. Un mauvais traitement par contre peut avoir des conséquences sérieuses. Les pathologies les plus fréquentes:

HÉMORROÏDESUne affection qui touche une personne sur deux après 50 ans. Elle résulte d’une dilatation des veines dans la région anale. Les cas les plus sévères nécessitent un traitement chirurgical pour exciser les coussinets hémorroïdaires, ligaturer les vaisseaux et éviter le risque d’incontinence ou sténose.

FISSURES La fissure anale est une crevasse résultant du passage des selles dures lors de la défécation. Souvent très douloureuse, sans traitement précis elle s’approfondit pour devenir une fissure anale chronique, qui nécessite une intervention chirurgicale.

FISTULES Une fistule anale est un trajet anormal qui se développe à la suite d’un abcès para-anal. L’abcès tente de se créer un trajet afin de se vider. Le traitement des fistules doit être adapté aux trajets qui ne sont pas toujours identifiables en pre-opératoire malgré des examens radiologiques à disposition. La chirurgie vise à exciser toute la fistule.

SPHINCTÉOPLASTIE Les sphincters anaux peuvent être partiellement ou totalement sectionnés à la suite d’un accouchement, d’une intervention chirurgicale ou d’un traumatisme. La reconstruction sphinctérienne consiste à mobiliser les deux extrémités du muscle et les suturer l’une sur l’autre.

KYSTES SACRO-COCCYGIENS Ce sont des affections très fréquentes et bénignes qui surviennent chez des sujets jeunes, vers l’âge de 20 ans. Ils résultent de la pénétration des poils dans la peau du pli inter-fessier. Cela crée une réaction inflammatoire s’étendant dans le tissu sous-cutané, qui forme un abcès et, à plus ou moins long terme, le développement de trajets fistuleux qui s’ouvrent à la surface de la peau.

CONDYLOME Cette affection nécessite un suivi rapproché: maladie sexuellement transmissible d’origine virale, elle se manifeste par l’apparition et la prolifération de verrues entre les fesses. Un traitement s’impose pour éviter la contagion, mais aussi parce que les condylomes peuvent dégénérer en cancer de l’anus.


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