07.05.2020, 12:17

Médecine: des chercheurs de l’EPFL ont créé un gel à injecter pour combattre l’ostéoporose

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Flowbone est une solution pour les fractures liées à l'ostéoporose.

Santé L’ostéoporose, c’est une maladie qui affaiblit les os de notre squelette et peut causer une fracture du col du fémur. Un laboratoire de l’EPFL a créé un gel qui permet de les renforcer localement. Une seringue permettrait de l'injecter.

Des chercheurs de l’EPFL ont mis au point un gel capable de renforcer localement les os des personnes atteintes d’ostéoporose. Les injections pourraient se faire en ambulatoire.

La fracture du col du fémur est un accident courant chez les personnes âgées. L’ostéoporose, qui affaiblit tous les os du squelette, en est la principale responsable, a indiqué jeudi l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) dans un communiqué.

 

 

«250 millions d’individus dans le monde souffrent de cette maladie. Elle se caractérise par une diminution de la masse osseuse et une détérioration de la microarchitecture osseuse entraînant un risque accru de fracture», indique Dominique Pioletti, directeur du laboratoire de biomécanique en orthopédie (LBO) à la Faculté des Sciences et Techniques de l’Ingénieur de l’EPFL, cité dans le communiqué.

«Quarante pour cent des personnes qui ont une fracture de la hanche ne marchent plus jamais sans assistance et trente-trois pour cent perdent leur indépendance. Un patient sur cinq décède dans l’année qui suit cet accident», ajoute Ulrike Kettenberger, postdoctorante dans le laboratoire LBO.

Hanches, vertèbres et poignets

Les personnes souffrant d’ostéoporose peuvent prendre des médicaments de prévention pour renforcer leurs os. Mais une tranche de la population passe à travers les mailles du filet du dépistage, car l’ostéoporose demeure une maladie silencieuse. «On ne la décèle en général qu’après la première fracture. C’est déjà trop tard», révèle le Pr Pioletti.

On ne décèle l’ostéporose en général qu’après la première fracture.
Dominique Pioletti, directeur du laboratoire LBO de l’EPFL

Et les médicaments disponibles présentent deux faiblesses. Premièrement, ils agissent sur l’ensemble du squelette, ce qui s’avère une bonne chose, mais les effets secondaires se trouvent eux aussi généralisés. De plus, les fractures liées à cette maladie sont la plupart du temps ciblées sur les hanches, les vertèbres et les poignets.

Deuxièmement, les résultats positifs ne se voient que douze mois après le démarrage du traitement. «Cette fenêtre se révèle critique, car les personnes ayant subi une fracture vont souvent s’en refaire une seconde durant cette période. Il est donc nécessaire que les os soient renforcés rapidement afin d’éviter que cela n’arrive», explique Ulrike Kettenberger.

Injection locale

Des chercheurs du LBO pensent avoir trouvé la solution avec leur Flowbone: «Nous avons créé un biomatériau, sous forme de gel, composé d’une matrice d’acide hyaluronique, de particules de calcium phosphates et d’une très faible dose d’un bisphosphonate», indique la postdoctorante.

Ce gel peut s’injecter, à l’aide d’une seringue et sous anesthésie locale, directement dans l’os du patient. Il pénètre bien dans la structure osseuse sans la détruire.

On administre le Flowbone uniquement à l’endroit où l’on désire éviter la fracture.
Ulrike Kettenberger, postdoctorante dans le laboratoire LBO de l’EPFL

«On administre le Flowbone uniquement à l’endroit où l’on désire éviter la fracture. Le traitement est donc peu invasif et aide à éviter les effets secondaires systémiques. On attend une forte augmentation locale de la structure osseuse humaine trois à quatre mois après l’injection qui va durer environ trois ans», révèle Ulrike Kettenberger.

Cette injection pourra se réaliser en ambulatoire par un radiologiste. Comme il est difficile de déceler l’ostéoporose avant la première fracture, Flowbone se veut utile pour prévenir les suivantes.

Le projet Flowbone a été soumis à VentureKick, une compétition entre start-up suisses. Il vient de remporter la deuxième phase du concours, soit 50’000 francs. «Avec cet argent, nous allons poursuivre les tests pré-cliniques», conclut Dominique Pioletti. Le produit Flowbone devrait être disponible d’ici cinq à six ans sur le marché.

ATS

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