03.08.2015, 09:02

Le labyrinthe préhistorique

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Par TEXTES: JULIEN WICKY PHOTOS: ANDRÉE-NOËLLE POT

Se perdre dans les couloirs entre les fossiles et reconstitutions des plus grands carnivores a quelque chose de fascinant. Le Sauriermuseum d'Aathal entre Zurich et Rapperswil porte bien son slogan: «Plus grand que ce que l'on pense.» Ancienne usine de textiles puis fabrique de nouilles, le musée a conservé cette architecture et se distingue par sa grande cheminée en briques rouges qui le surplombe. Ne nous fions pas à l'apparente petitesse du lieu, de longs couloirs et des pièces cachées nous font découvrir les recoins de la préhistoire. Le Sauriermuseum accueille chaque année près de 90 000 visiteurs et contient des œuvres mondialement reconnues.

Diversité ahurissante

Chaque pièce a son thème, des reptiles entièrement redessinés, des roches fossilisées ou encore l'assemblage de véritables ossements découverts dans le Wyoming, aux Etats-Unis, par une équipe de chercheurs affiliés au musée. De la paléontologie à l'amusement, il y en a pour tous les goûts. Si les enfants préfèrent les animaux entiers et en couleur, les plus grands sont admiratifs devant ces ossements d'un autre temps. A deux titres, d'abord face au gigantisme des dinosaures, qu'ils peuvent apprécier à taille réelle, et ensuite par l'exceptionnel travail des chercheurs.

Pour observer et se familiariser avec la technique de reconstruction, on jette un œil dans le laboratoire situé au premier étage. Se faufilant dans de petits escaliers, on découvre, depuis dessus, la salle réservée aux ptérodactyles, ces «oiseaux» au long bec et aux nombreuses dents pointues. Un peu plus loin, c'est une galerie étroite et teintée de bleu où sur des roches se dessinent des fossiles de plus petite taille. Les enfants cherchent à saisir les expressions: «On dirait qu'il dort», suppose Rachel, 9 ans, devant un bébé vélociraptor. «Mais non, tu vois bien qu'il rigole», lui rétorque sa grande sœur.

Entrée dans la salle des punks. L'intitulé surprend et on se demande bien de quoi il peut s'agir. A la sortie d'un corridor sombre et noir, s'ouvre une pièce éclairée aux néons rouges dont l'ambiance est prenante. On y rencontre «Moritz», «Victoria» et «Lilly». Mesurant chacun plus de cinq mètres, on évite volontiers de leur chercher des poux. Ce sobriquet attribué, ils le doivent à leur longue crête en écailles qui se termine en piques meurtrières. Il s'agit en fait de stégosaures, de lents et maladroits herbivores dont l'attirail de défense permet d'éloigner les plus dangereux prédateurs.

A deux pas, dans un hall sur deux étages, certaines reconstitutions de l'équipe du Sauriermuseum sont reconnues dans le monde entier. L'allosaure «Big Al Two» en est peut-être l'exemple le plus marquant. Le squelette est complet à plus de 90%. «La majorité des os sont authentiques. Il y a bien sûr des ajouts et même des reproductions mais toujours dans un esprit de grande fidélité», explique le vice-directeur Thomas Bolliger, également paléontologue. Le musée accueille continuellement de nouveaux hôtes préhistoriques, comme il le souligne: «Au rythme où vont les recherches et l'ensemble du travail, il peut y avoir un nouveau dinosaure tous les deux ou trois ans.»

Tester ses connaissances

Ouvert depuis dix-neuf ans, la naissance du Sauriermuseum coïncide avec celle de la fascination pour les dinosaures, due en grande partie au cinéma. Une des parties du musée n'y fait pas défaut puisque toutes les affiches de films concernant ces créatures sont exposées. Et afin de tester cette «dinomania», les visiteurs peuvent s'amuser à répondre à un quiz. Si l'apparence le destine plutôt aux enfants, pas sûr que leurs parents soient meilleurs.

Différencier un œuf de tyrannosaure de celui d'un diplodocus n'est pas forcément une partie de plaisir. Léo, venu avec ses deux filles, reconnaît volontiers leur supériorité: «Ma plus grande fille, Tatiana, a 10 ans et vient de faire un exposé à l'école sur ce sujet. C'est elle qui m'apprend des choses ici.»

Seul bémol pour nous autres francophones, on regrettera que la majorité des textes explicatifs soit en allemand. Une fiche distribuée à l'entrée permet cependant de saisir les grandes lignes. Pour le reste, les dinosaures parlent d'eux-mêmes.

Informations utiles

Accès Pour parvenir au Sauriermuseum, suivre l'autoroute A1 jusqu'à Zurich. Contourner l'agglomération en suivant Saint-Gall et enfin Uster. Environ une demi-heure plus tard, l'autoroute prend fin et une route s'engage dans un petit vallon. Le musée est immanquable sur la droite, une fois entré dans le village d'Aathal-Seegräben.

Prix Les tarifs d'entrées se montent à 18 francs pour les adultes et 11 francs pour les jeunes de 5 à 16 ans. Le musée est ouvert tous les jours de 10 à 17 heures, excepté le lundi.

Restauration Le Sauriermuseum dispose d'une cafétéria à l'intérieur où des plats simples, de la pizza jusqu'au wienerli en passant par des penne all'arrabiata sont proposés. A vingt mètres du musée, le Rustica, restaurant italien, ravira par son cadre en vieilles pierres et sa carte alléchante pour un prix tout à fait correct.

Enfants Dans l'arrière-cour du musée, un parc est ouvert aux enfants avec une petite buvette à proximité. Un fort d'observation pour voir de plus près les canines du tyrannosaure ravira les explorateurs en herbe.

Hébergement Se rendre au Sauriermuseum peut être l'occasion d'un week-end dans la région. A vingt minutes du musée, le parc aquatique d'Alpamare à Pfäffikon en fait un prétexte idéal. Un camping et divers hôtels sont disponibles à proximité.

Informations supplémentaires sur www.sauriermuseum.ch

Un goût d'apocalypse

Toute une partie du musée est consacrée au phénomène de la disparition des dinosaures. Diverses hypothèses s'affrontent mais une seule domine: une supermétéorite. Celle-ci percute la Terre il y a environ 65 millions d'années et provoque un soulèvement considérable de poussières dans l'atmosphère. Les rayons du soleil qui ne peuvent plus transpercer cette couche opaque empêchent toute forme de vie sur terre.

Seules quelques espèces survivront. Pour se rendre compte de la force d'un tel évènement, les concepteurs du musée ont exposé quelques morceaux de météorites, de faibles tailles mais d'une densité bluffante.

La faible quantité d'accidents répertoriés concernant les hommes et les météorites rassure… un peu. La pensée qu'une catastrophe semblable pourrait se reproduire aura sans doute traversé l'esprit de chaque visiteur.


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