La sexualité décodée à l’école

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PRÉVENTION Une approche globale de l’éducation en milieu scolaire, à l’heure où certaines infections sexuellement transmissibles sont en augmentation.

Par BRIGITTE REBETEZ
  29.11.2016, 01:25
La dimension psychosociale et interpersonnelle est omniprésente dans les cours dispensés par le GIS. La question de l’estime de soi, par exemple, est régulièrement abordée.

Le droit à l’éducation et à l’information se traduit en Suisse par l’éducation à la Santé sexuelle tout au long de la vie. L’éducation sexuelle pour les enfants et les jeunes constitue un droit de l’enfant. La famille, les pairs ou encore les médias jouent un rôle important de transmission d’information et de valeurs, mais ne garantissent pas l’égalité de traitement ni la qualité des informations. C’est pourquoi l’éducation sexuelle fait partie d’une politique publique qui se concrétise par des cours sur ce thème.

Ces cours donnent aux enfants et aux jeunes, filles et garçons, une information objective sur tous les aspects de la sexualité. Elle les aide à développer des aptitudes et compétences essentielles qui leur permettront de déterminer leur sexualité et leurs relations, en fonction de leur âge. Elle leur donne les moyens dont ils ont besoin pour vivre une vie sexuelle et relationnelle épanouie et responsable.

«Nous avons un métier délicat, car dès qu’on parle de risques, on fait peur. Pourtant nous devons parler des infections sexuellement transmissibles (IST) – dont certaines sont en augmentation car elles peuvent être une cause de stérilité. Notre message, c’est que la sexualité est belle et nécessaire dans une vie, mais qu’il y a des conditions à respecter», résume Anne-Marie Lando Wacker, animatrice en santé sexuelle dans le Jura. A leur apparition dans les écoles il y a une petite trentaine d’années, les cours dédiés à la sexualité se focalisaient surtout sur l’anatomie et la prévention du VIH/sida lorsque cette infection a fait irruption dans le pays.

Au fil des ans, les objectifs se sont élargis, au gré de l’évolution de la société. Ainsi, durant leur scolarité, seize périodes sont dispensées aux élèves neuchâtelois (8 en 7e, 4 en 9e et 10e ainsi qu’une journée entière dédiée à la santé en 11e) par le GIS (Groupe information sexuelle et éducation à la santé) qui intervient aussi dans les établissements spécialisés et au niveau postscolaire. Dans le Jura, 19 périodes sont réparties au cours de la scolarité, jusqu’à la 2e année postscolaire. Chacun des cantons prévoit une soirée d’information en 2e année pour expliquer le programme aux parents.

Adapté à l’âge des enfants

Les thématiques abordées sont évidemment adaptées à l’âge et au développement des enfants. L’éducation sexuelle démarre en 2e dans le Jura, avec trois leçons qui visent à éveiller les enfants au respect de leur intimité, distinguer les parties «privées» de leur corps, renforcer leur capacité à dire «non» et leur indiquer où chercher de l’aide en cas de problème. En 6e ou 7e, les éducatrices parlent, entre autres, de la puberté, de la relation sexuelle, des moyens de contraception et de la prévention des IST, mais également du «sexting» (messages/vidéos à caractère sexuel transmis par smartphone) ou des produits licites et illicites (alcool, tabac, cannabis, etc.)

Dimension psychosociale

«Nous tenons compte des changements que les enfants vivent au Travers de l’évolution des thématiques, tels que l’utilisation des réseaux sociaux», détaille Muriel Reber, directrice du GIS. «La dimension psychosociale et interpersonnelle est omniprésente dans les cours. La question de l’estime de soi, par exemple, est régulièrement abordée. Nous nous fondons sur une approche globale, dite holistique, de l’éducation sexuelle, basée sur la compréhension de la sexualité en tant que composante fondamentale de l’être humain.»

La journée santé organisée dans les écoles neuchâteloises incite les adolescents à réfléchir à leur santé au sens large. C’est l’occasion pour eux de rencontrer de nombreux professionnels de la prévention. Le GIS joue un rôle de passerelle entre les jeunes et ces associations qui peuvent leur être utiles. Dans le Jura aussi, les spécialistes en santé sexuelle officient comme intermédiaires: elles informent les adolescents où ils peuvent trouver de l’aide en cas de besoin, auprès de l’infirmier scolaire, du médiateur ou du planning familial par exemple.

Est-ce qu’on est obligé?

«Si les questions des jeunes se sont légèrement modifiées avec les années – ils demandent des précisions par rapport à ce qui est diffusé à la télévision et internet leurs préoccupations premières demeurent les mêmes», analyse Anne-Marie Lando Wacker. Les interrogations de base – est-ce normal? est-ce qu’on est obligé? – restent toujours d’actualité. D’ailleurs l’âge moyen de la première relation sexuelle n’a pas bougé depuis vingt ans: il s’établit à 17 ans et demi en Suisse et en Europe.

Riche programme de fin d’année

Le Groupe Sida Neuchâtel organise de multiples activités autour du 1er décembre, journée mondiale contre le sida. A Boudry, du 1er au 4: souper-spectacle. A Neuchâtel, le 1er: stand de solidarité, 11h-18h, fontaine de la Justice. A La Chaux-de-Fonds, le 1er: stand et soupe offerte, 10h-14h, Espacité. A La Chaux-de-Fonds, du 28 novembre au 2 décembre: séances d’information, Ester. A Peseux, du 28 novembre au 1er décembre: tests de dépistage VIH à 20 fr. (sans rendez-vous), Groupe Sida Neuchâtel, Grand-Rue 18, Peseux. Plus d’infos: www.sida-ne.ch ou par téléphone au 032 737 73 37.

Portes ouvertes au Centre de santé sexuelle – planning familial de la Ville de Neuchâtel. Au programme: visite du centre, présentation des activités, rencontre avec les conseillères, etc. Christine Gaillard, conseillère communale en charge de l’éducation, de la santé et de la mobilité, sera présente dès 18h30. Mardi 29 novembre de 17h à 20h, Saint-Maurice 4, 2e étage, Neuchâtel. Renseignements: Centre de santé sexuelle – planning familial, 032 717 74 35.

La section Nez Rouge Neuchâtel reprend, comme chaque fin d’année, ses activités sur le terrain. Les dates et horaires sont les suivants: 9 et 10 décembre puis du 15 au 31 décembre. Dimanche, lundi, mardi, mercredi de 22h30 à 2h. Jeudi, vendredi, samedi de 22h30 à 4h. Les nuits des 24 et 25 décembre de 22h30 à 4h. La nuit du 31 décembre de 23h30 à 5h30. Téléphone: 0800 802 208 – plus de renseignements sur www.nezrouge.ch.

Parce que les travailleuses du sexe sont particulièrement exposées aux risques de violences ou d’infections sexuellement transmissibles, tout en ayant plus de difficultés d’accès aux soins, deux projets sont menés dans les cantons du Jura et Neuchâtel auprès de cette population en situation de vulnérabilité.

L’un des objectifs consiste à leur transmettre les règles du «safe sex» pour ne pas se laisser imposer des rapports sans préservatif. Des intervenantes vont à leur rencontre pour les informer, les écouter et leur remettre du matériel.

Dans le Jura, l’action a été lancée en 2004, ciblant à la fois les travailleuses du sexe et les clients. Officialisée depuis 2013, elle est pilotée par le Groupe Sida Jura qui relaye la campagne nationale du réseau APIS (Prévention du sida dans le commerce du sexe). «Nous formons des médiatrices qui vont sur le terrain – dans les salons de massage, les appartements et la rue. Elles font un travail de proximité auprès des travailleuses du sexe. Elles les orientent vers des aides existantes (planning familial, Lavi, etc.) tout en recueillant aussi leurs préoccupations administratives», explique la coordinatrice Marie-Angèle Béguelin.

Sur le territoire neuchâtelois, le projet Pass (Prévention et accès aux soins des travailleuses du sexe) est plus récent. Il a été lancé début 2016 par Médecins du monde avec le Groupe Sida Neuchâtel, les Centres de santé sexuelle et le Service de la cohésion multiculturelle. Entre février et août, 150 visites ont été réalisées dans les salons de massage du canton qui en totalise une cinquantaine.

«Nous répondons aux questions de ces femmes et leur expliquons ce qu’elles peuvent faire en cas de prise de risque», résume Janine Derron, responsable du projet. Les visites sont effectuées en tandem, une intervenante sociale et une médiatrice, dans le but de réunir des compétences sanitaires et sociales. Les préoccupations individuelles (permis de séjour, de travail, enfants...) sont aussi abordées. Le financement du projet n’est pas assuré pour 2017, des recherches de fonds sont en cours.

Travail de proximité pour aller à la rencontre des travailleuses du sexe

ressources cantonales

Service de la santé publique www.ne.ch/promotionsante Un inventaire des acteurs de la promotion de la santé se trouve à cette même adresse.

Centre de santé sexuelle - Planning familial à La Chaux-de-Fondswww.chaux-de-fonds.ch/services/planning-familial, sante.sexuelle.vch@ne.ch, 032 967 20 91 à Neuchâtel www.sante-ne.ch/fr/centre-de-sante-sexuelle-planning-familial, sante.sexuelle.ne@ne.ch, 032 717 74 35.

Groupe d’information sexuel et de promotion de la santÉ www.gis-ne.ch, info@gis-ne.ch, 032 886 88 50.

Groupe Sida Neuchâtel www.info-sida.ch rubrique Groupe Sida Neuchâtel, gsn@ne.ch, 032 737 73 39.


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