02.08.2015, 19:51

Savoir savourer «Mad men»

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Par freddy landry

Il ne se passe pas de semaine, et depuis assez longtemps déjà, sans qu'un média écrit de langue française ne s'intéresse à la série «Mad men», que l'on passe d'un quotidien «populaire» à une revue de cinéma vouée à la notion d'auteur la plus exigeante. Le snobisme à court terme n'explique rien.

Exemple récent: le grand quotidien romand dit incontournable aborde le problème de l'adultère facilité par des sites, parfois à bon rendement commercial, installés sur la toile. Encore convient-il de donner un exemple frappant d'adultère. Celui du Don Draper de «Mad men» fait l'affaire, avec son mensonge sur les obligations professionnelles tardives. Dans le plus récent épisode présenté par la TSR, le voici avec sa maîtresse après un accident de voiture, «dépanné» par sa dévouée secrétaire Peggy. On imagine mal un journal sérieux s'en allant récupérer ses exemples dans des «potages» quotidiens comme le «Top Models» (5800 numéros à ce jour) américain ou, mieux tout de même, le «Plus belle la vie» français (bientôt 1700). Par contre, citer une série qui est à juste titre reconnue pour ses ambitieuses qualités valorise un texte. «Mad men», qui donc raconte le fonctionnement d'une agence de publicité américaine au début des années soixante, quand apparaissaient les trente glorieuses de la croissance, vaut par la richesse de ses personnages, la méticulosité de sa reconstitution (la mode d'aujourd'hui lui rend hommage). On fume dans chaque plan, on boit dans un plan sur trois, on y parle aussi d'argent, cent dollars représentant alors un montant considérable.

L'évident succès des séries exigeantes, pas seulement américaines si celles-ci sont numériquement dominatrices, est aussi un signe d'un progrès du langage audiovisuel. On peut faire par commodité remonter leurs débuts au «Twin Peaks» de Lynch au début des années 1990 et citer au moins «Les sopranos», «Deadwood», «Roma», «Dr House» ou «Dexter», et bien sûr «Mad men». Elles apportent au «consommateur» du temps pour suivre le récit et apprécier sa diversité dans l'espace. C'est une manière de résister au «tout sur tout, surtout tout de suite sur tous les supports» qui provoque des noyades dans la superficialité. On retrouve le plaisir de pouvoir savourer tranquillement la richesse d'une imagination créatrice.

 

Développement et illustration sur http://blog.lexpresss.ch/retines


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