01.11.2017, 00:01

Attention à l’admiratrice qui s’incruste!

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Elle (Eva Green) s’immisce dans l’existence de l’écrivaine (Emmanuelle Seigner)…

 01.11.2017, 00:01 Attention à l’admiratrice qui s’incruste!

«D’APRÈS UNE HISTOIRE VRAIE» Adapté du dernier roman de Delphine de Vigan, le nouveau film du sulfureux Roman Polanski se joue et se déjoue de nous avec légèreté.

On le sait! Le sulfureux Roman Polanski est passé maître dans l’art de semer le doute dans l’esprit cartésien du spectateur, atteignant des sommets d’ambiguïté avec des œuvres frissonnantes comme «Rosemary’s Baby» (1968) ou «Le locataire» (1976). Présenté en séance spéciale à Cannes en mai dernier, son vingt-deuxième long-métrage s’inscrit dans ce registre subtil qui fait beaucoup plus que...

On le sait! Le sulfureux Roman Polanski est passé maître dans l’art de semer le doute dans l’esprit cartésien du spectateur, atteignant des sommets d’ambiguïté avec des œuvres frissonnantes comme «Rosemary’s Baby» (1968) ou «Le locataire» (1976). Présenté en séance spéciale à Cannes en mai dernier, son vingt-deuxième long-métrage s’inscrit dans ce registre subtil qui fait beaucoup plus que flirter avec le fantastique.

Un cinéaste manipulateur

Par son titre, cette adaptation du roman éponyme de Delphine de Vigan éveille déjà le soupçon. Moult films affichent à leur générique de début l’expression consacrée «d’après une histoire vraie», histoire de légitimer leur récit cinématographique en lui conférant d’emblée une soi-disant dimension véridique. De la part d’un cinéaste de la manipulation comme Polanski, pareille affirmation est à prendre avec, disons, une certaine distance…

L’étrange Elle

Auteur d’un roman à succès consacrée à sa mère sur le mode de l’autofiction, Delphine Dayrieux (Emmanuelle Seigner) reçoit des lettres très peu amènes qui l’accusent d’avoir livré sa famille en pâture. Complètement bloquée, la malheureuse ne parvient plus à écrire une ligne, tenaillée qu’elle est par l’angoisse de la page blanche ou plutôt de l’écran blanc, celui de son ordinateur.

Joli malaise

Au cours d’une soirée en ville, Delphine lie connaissance avec une jeune femme qui se présente sous le nom d’Elle, diminutif d’Elisabeth (Eva Green). Sympathisant avec un brin de complaisance avec sa nouvelle amie, la romancière ouvre un peu trop la porte. Dotée d’une diction plutôt étrange, s’exprimant d’une façon très livresque, Elle s’immisce alors dans l’existence de l’écrivaine et fait son miel de ses doutes et de ses angoisses. Leur relation tourne bientôt à un huis clos qui crée progressivement un joli malaise!

Scénario malin

Tirant tout le parti d’un scénario malin qu’il a coécrit avec le réalisateur Olivier Assayas («Sils Maria»), Polanski s’y entend pour brouiller sans crier gare les repères du spectateur, jusqu’à créer une incertitude très anxiogène sur la réalité de ce qu’il lui raconte. Contrairement au «Locataire» et à «Rosemary’s Baby» déjà cités, le démiurge polonais s’en acquitte ici avec une certaine légèreté, qui n’exclut toutefois pas la cruauté, tout en égratignant de façon drolatique certaines afféteries de l’intelligentsia littéraire parisienne.

de Roman Polanski, avec Emmanuelle Seigner, Eva Green, Vincent Perez… Durée: 1h40. Age légal/conseillé: 12/14


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