03.08.2015, 09:18

«Un départ absolument nécessaire mais insuffisant»

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Par PROPOS RECUEILLIS PAR PATRICIA MICHAUD-LA LIBERTÉ

Deux jours après la démission du patron d'UBS Oswald Grübel, le titre de la banque a réagi positivement hier, s'appréciant de 5,04% à la Bourse suisse. Autre réaction positive: celle des détracteurs de la banque d'affaires, au nombre desquels figure le directeur de la fondation Ethos, qui se bat pour des investissements responsables. Dominique Biedermann appelle néanmoins à un signal plus fort.

Oswald Grübel a jeté l'éponge, soulagé?

En effet, ce départ était absolument nécessaire! Mais il s'agit d'un geste insuffisant. Le plus important est désormais qu'UBS retrouve la confiance des collaborateurs, des clients et des investisseurs. Pour y parvenir, le conseil d'administration doit absolument revoir l'orientation stratégique de la banque. Alors qu'on attendait un vrai signal suite à sa réunion à Singapour, il n'y a finalement pas eu d'annonce de changement de cap. Peut-être que cela signifie que cet organe n'est pas unanime quant à la suite des opérations.

Quelle devrait être, selon l'investisseur «responsable» que vous êtes, la suite des opérations?

UBS doit se séparer immédiatement de l'ensemble des activités de trading de la banque d'affaires, qui représentent un énorme risque. Elle devrait désormais se concentrer sur les activités qui ont fait d'elle un géant bancaire, à savoir la gestion de fortune et le crédit aux entreprises.

Le changement de patron chez UBS ouvre-t-il la voie à cette séparation?

C'est plutôt du futur président, Axel Waeber, que pourrait venir le changement. Son expérience et sa personnalité sont différentes de celles de ses prédécesseurs. En tant qu'ancien président d'une banque centrale (la Bundesbank allemande), il devrait être plus sensible à la prudence en matière de gestion des risques. Vu tout ce qui s'est passé ces derniers temps, j'estime donc qu'il est important de faire les choses dans un ordre logique: d'abord changer de président, puis de directeur. UBS pourrait convoquer une assemblée générale extraordinaire, afin d'élire M. Waeber au conseil d'administration. Ce pour qu'il puisse remplacer Kaspar Villiger le plus rapidement possible.

Place à l'enquête

Lors d'une conférence téléphonique tenue samedi, Sergio Ermotti, directeur ad-interim de l'UBS, a estimé que les transactions frauduleuses du trader londonien, qui ont entraîné une perte de 2,3 milliards de dollars (2,08 milliards de francs), ont mis au jour une exposition au risque «totalement inacceptable».

Dans l'immédiat, Sergio Ermotti entend examiner les procédures de contrôle de la banque et mener à bien l'enquête interne sur les lourdes pertes subies. «Nous sommes conscients de faire face à une période difficile sur le plan externe, et ce dernier incident ne fait que rendre plus impératif encore une réaction de notre part», a-t-il poursuivi. Sergio Ermotti a précisé que l'enquête interne devrait aboutir dans un délai de 10 à 14 jours. Mais, du fait des investigations menées notamment par les autorités de surveillance britannique et helvétique, UBS ne pourra pas nécessairement en révéler les conclusions, a noté le Tessinois.

Le président du conseil d'administration d'UBS, Kaspar Villiger, a pour sa part indiqué que M. Ermotti représenterait un bon candidat pour remplacer de façon permanente Oswald Grübel. Si l'ex-conseiller fédéral a dans la foulée loué le travail du directeur d'Investment Bank, Carsten Kengeter, il n'a pas voulu dire si l'Allemand ferait un bon candidat au poste de directeur général. / ats


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