03.08.2015, 08:57

Les Européens agitent le bâton

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Par BRUXELLES, TANGUY VERHOOSEL

«Que la Grèce s'aide d'abord elle-même, afin que les autres pays européens puissent ensuite lui venir en aide». Le commissaire européen aux affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, ne s'est pas embarrassé de politesses, hier, peu avant l'ouverture d'un sommet où les Vingt-sept allaient être confrontés à une lourde tâche: dissiper certains malentendus et surmonter de nombreuses divergences, que ce soit sur le sauvetage d'Athènes, le renforcement de la gouvernance économique, l'avenir de l'espace Schengen ou encore les relations avec les pays du «printemps arabe.»

Hier soir, les chefs d'Etat ou de gouvernement des Vingt-sept ont rappelé la condition qu'ils ont mise au déblocage, le 3 juillet en principe, d'une nouvelle tranche de leur programme de sauvetage de 110 milliards d'euros à la Grèce, au bord de la faillite: il faut qu'auparavant le Parlement grec approuve la cure d'austérité de 78 milliards d'euros (dont 50 milliards provenant de privatisations) que l'UE et le Fonds monétaire international veulent lui imposer.

Opposition vilipendée

Un vote crucial aura lieu à Athènes le 30 juin; de son issue dépendra également l'adoption par les dix-sept pays de la zone euro d'un deuxième programme d'aide à la Grèce, dont le montant est estimé à 85-100 milliards d'euros.

«Il n'y a pas de plan B», a souligné le président de l'eurogroupe, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, en appelant, comme beaucoup d'autres, l'opposition de droite à la (faible) majorité socialiste du premier ministre grec, Georges Papandreou, à jouer la carte de l'unité nationale. Elle a une «responsabilité historique», a insisté la chancelière allemande, Angela Merkel.

Jean Claude-Juncker, Georges Papandreou et Angela Merkel se sont d'ailleurs réunis en petit comité en début de soirée avec le Français Nicolas Sarkozy, le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, celui du Conseil européen, Herman Van Rompuy, et celui de la Commission, José Barroso, afin d'évaluer la situation.

Ils devaient notamment accorder leurs violons sur l'ampleur de la contribution des créanciers privés d'Athènes (banques, assurances, fonds d'investissement) à ce nouveau plan de sauvetage. Afin d'éviter un «événement de crédit» susceptible de provoquer une nouvelle crise financière mondiale (les Etats-Unis sont eux aussi très inquiets) dont des pays vulnérables tels que le Portugal, l'Irlande, l'Espagne ou encore l'Italie deviendraient les premières victimes collatérales, les Dix-sept privilégient la piste d'un «roll-over», mais ses modalités précises doivent encore être déterminées.

Un plan Hercule?

De plus en plus préoccupés par les vives tensions sociales en Grèce, qui se traduiront par une nouvelle grève générale les 28 et 29 juin, les Vingt-sept devaient également débattre dans la nuit d'une future stratégie européenne destinée à remettre la Grèce sur le chemin de la croissance économique et de la compétitivité.

Le président de la Commission européenne, José Manuel Durão Barroso, a proposé aux Vingt-sept d'accorder à Athènes un milliard d'euros provenant des fonds structurels de l'Union, sans exiger de lui la contrepartie habituelle: cofinancer à hauteur du même montant des projets visant à favoriser des créations d'emplois dans le pays.

D'aucuns estiment déjà que ce montant est insuffisant. Les eurodéputés libéraux, par exemple, prônent la mise sur pied d'un «plan Hercule» qui s'inspirerait du plan Marshall américain de 1947 et se chiffrerait en dizaines milliards d'euros.


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