05.12.2017, 00:01

Le liège, une pépite pour l’économie portugaise

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L’ingénieure forestière Conceiçao Silva, à côté d’un chêne-liège de la plantation qu’elle gère.

 05.12.2017, 00:01 Le liège, une pépite pour l’économie portugaise

Par le figaro

AGRICULTURE Leader mondial du secteur, le pays fournit près de la moitié des bouchons des bouteilles de vin et de spiritueux vendues.

En venant de Lisbonne dans la région du Ribatejo, au cœur du Portugal, se dressent le long des routes des centaines de chênes-lièges sur lesquels figure un numéro, de 0 à 9, peint à la chaux. «Cela correspond à l’année de la coupe du liège», indique Conceiçao Silva, ingénieure forestière chargée de surveiller les plantations du domaine familial de...

En venant de Lisbonne dans la région du Ribatejo, au cœur du Portugal, se dressent le long des routes des centaines de chênes-lièges sur lesquels figure un numéro, de 0 à 9, peint à la chaux. «Cela correspond à l’année de la coupe du liège», indique Conceiçao Silva, ingénieure forestière chargée de surveiller les plantations du domaine familial de Herdade dos Fidalgos, qui abrite notamment une forêt de chênes-lièges (une suberaie) de 1300 hectares. «Un arbre sur lequel figure un 2 indique que cela fait deux ans qu’on a prélevé son écorce. Il faudra attendre encore sept ans pour refaire une coupe qui servira à produire des bouchons de liège», poursuit l’agronome. Ce prélèvement a lieu tous les neuf ans, toujours en mai, lorsque la sève monte.

Jusqu’à 80 kg de matière

Une industrie de patience. «Ces arbres, qui peuvent vivre jusqu’à 200, voire 300 ans, grandissent très lentement», complète Jean-Marie Aracil, chargé de mission à la Fédération française du liège. «Il faut entre 25 et 35 ans pour obtenir une première levée qui ne vaut rien, puis attendre encore neuf ans pour la récolte suivante, la troisième étant la première réellement exploitable par les bouchonniers.» Ce n’est qu’après 50 ans qu’un chêne-liège rapporte. Les plus beaux peuvent produire jusqu’à 80 kg de matière, les moins robustes 15 kg, c’est-à-dire une récolte qui varie entre 650 et 3500 euros (755 francs et 4000).

Le liège représente une véritable pépite pour l’économie du Portugal: 940 millions d’euros de chiffre d’affaires, dont 70% obtenus grâce aux seuls bouchons de liège, le reste provenant de son usage en isolation et décoration.

Un leader mondial

Le Portugal, qui a été le premier pays au monde à mettre en place des lois agraires protégeant ses suberaies au 13e siècle, est le leader mondial du secteur. Il fournit près de la moitié des bouchons des bouteilles de vin et spiritueux du monde.

Après avoir perdu du terrain par rapport aux capsules métalliques et aux fermoirs en plastique qui ne risquent pas de bouchonner le vin, le liège regagne du terrain. «Comme la consommation mondiale de vin augmente de 0,8% à 1% par an, les exportations de bouchons de liège du Portugal progressent de 1,4% chaque année», souligne Carlos de Jesus, directeur marketing d’Amorim, le leader mondial du secteur. Un renouveau en partie lié aussi à l’amélioration de la qualité des bouchons. Après vingt ans d’efforts en recherche de la part des industriels, le risque de tomber sur une bouteille bouchonnée est passé sous la barre du 1%.

«La montée en gamme sur le marché mondial du vin est un allié naturel du liège, signe de qualité pour les consommateurs très attachés à cette matière», commente Carlos de Jesus.

Douze milliards de pièces

Aujourd’hui, le liège reste le moyen le plus utilisé pour boucher le vin. Plus des deux tiers des bouteilles consommées dans le monde sont fermées par un bouchon en liège, un marché de... douze milliards de pièces.

Contrairement à d’autres matières premières, le liège ne risque pas de faire défaut. La superficie mondiale des suberaies a augmenté de 10% en dix ans. En outre, les autorités portugaises veulent, après les violents incendies de l’automne 2016, «favoriser, chaque fois que c’est possible, la plantation de chênes-lièges qui, par leurs propriétés isolantes, jouent un rôle de barrière à la propagation du feu», assure Jean-Marie Aracil. le figaro


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