02.07.2016, 10:20

Brexit: l'intérêt pour le Royaume-Uni comme destination a soudain bondi

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Londres, destination de shopping par excellence, semble attirer plus d'Européens après le Brexit.

Brexit Il y a ceux qui rient et ceux qui pleurent. Avec le Brexit, le nombre de recherches pour des voyages au Royaume-Uni a explosé. Les Européens espèrent s'offrir des séjours au rabais avec la chute de la livre sterling, tandis que les Britanniques craignent des vacances plus chères.

Le Brexit et la dépréciation de la livre ont fait bondir sur le web les recherches de vols entre le Royaume-Uni et l'Union européenne (UE). Les Européens espèrent des séjours au rabais outre-Manche, tandis que les Britanniques s'inquiètent de vacances plus coûteuses à l'étranger.

Une envolée de 130% des consultations pour les vols à destination du Royaume-Uni depuis la France: c'est ce qu'a enregistré le site Kayak le 24 juin, jour où le référendum britannique a tranché en faveur d'une sortie de l'Union européenne.

 

Les autres pays ne sont pas en reste: Kayak - qui traite un milliard et demi de recherches de voyages chaque année - fait état entre le 24 et le 25 juin d'un bond de 117% de requêtes concernant le Royaume-Uni lancées depuis la Finlande, +114% depuis le Danemark, +102% depuis l'Espagne, +90% depuis la Suède, ou encore +86% depuis l'Allemagne.

Réservations en hausse

Même constat chez liligo.fr, où "le trajet Paris-Londres compte une augmentation de consultations de 34% entre le 23 et le 26 juin".

Depuis ses sites français, italien, espagnol mais aussi américain, le moteur de recherches liligo - qui attire plus de 4 millions de visiteurs uniques par mois - a enregistré une hausse "inhabituelle" allant de +1 à +2,7 points depuis le 23 juin concernant le Royaume-Uni.

Et au-delà de la simple recherche d'informations sur les prix des vols, la plate-forme MisterFly indique même enregistrer depuis la France "+60% de réservations en ligne de billets d'avion pour Londres depuis le Brexit par rapport à la semaine précédente".

Destination qui a la cote

"Il est trop tôt pour se prononcer avec certitude, mais les premières tendances observées et la dévaluation de la monnaie anglaise suggèrent que l'intérêt pour la destination Royaume-Uni va se maintenir dans les prochaines semaines, particulièrement pour les voyageurs européens intéressés par les 'city breaks' (court séjour dans une grande ville) à Londres pour faire du shopping", souligne liligo.com.

La Livre sterling a perdu 8,9% entre jeudi et son point le plus haut du jeudi 23 juin, jour du référendum.

Pour l'instant, aucun impact notable n'a toutefois été révélé concernant les réservations hôtelières, les plates-formes de location entre particuliers, ou les voyagistes.

Moins de touristes anglais

Mais le pendant négatif est que le Brexit risque de porter préjudice au tourisme français et espagnol, destinations préférées des Britanniques.

"C'est complètement à double tranchant: le Royaume-Uni va attirer plus les Français, mais c'est une mauvaise nouvelle pour l'économie française car les touristes britanniques vont moins venir dans l'Hexagone qui deviendra une destination plus chère", résume à l'afp Jean-Pierre Mas, président des Entreprises du voyage qui regroupe les agences de voyages françaises.

 

"Si 4 millions de Français vont chaque année au Royaume-Uni pour des courts séjours, 12 millions de Britanniques viennent en France pour les vacances, le déséquilibre est clair", renchérit Jean-Pierre Nadir, président du portail Easyvoyage.

Choix plus restreint

Un pouvoir d'achat affaibli par des changes défavorables et "l'incertitude" d'un avenir hors UE fait qu'on peut s'attendre à voir baisser le volume des voyageurs venant d'Angleterre, résume Liligo.

Le moteur de recherche indique observer "un désintérêt" des utilisateurs de liligo UK pour la France et l'Espagne depuis le 23 juin. Sur Kayak, les requêtes des Britanniques pour l'Europe, toutes destinations confondues, ont bondi de 24% le jour du résultat du référendum.

Et si la France était le premier pays recherché le 24 juin, elle disparaît du top-10 des destinations consultées dès le lendemain au profit des Pays-Bas (hausse de 161% des requêtes de vols), de la République tchèque (+146%), de la Suède (+140%) ou de la Pologne (+115%), indique Kayak.

"Si les prix augmentent pour les Anglais, il risque d'y avoir une rupture avec cette clientèle; la réflexion doit se faire en ce moment (de la part des acteurs du tourisme français concernant leurs tarifs, ndlr) car les Anglais vont continuer de voyager, mais ils auront un arbitrage prix-qualité à faire", prévient le président du Syndicat des tour-opérateurs français (Seto), René-Marc Chikli.

ATS

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