Prix BCN Innovation 2017 : à la chasse aux trésors avec Totemi

Les bornes connectées de la société Talk-to-me relayent des contenus déclinables à l’infini. Le concept Totemi permet aux institutions de diffuser des données géo-contextualisées, personnalisables et modulables.
19 oct. 2017, 00:45
/ Màj. le 20 oct. 2017 à 08:27
L'équipe du projet Totemi devant une borne à Neuchâtel. De g. à dr. Margaux Divernois, Gary Sandoz, Yann Do, Jean-Bernard Rossel, Bryan Coupy et Stoyan Gern.

Quelle start-up décrochera le Prix BCN Innovation 2017? Les quatre finalistes sélectionnés par le jury se nomment iWood, Totemi, SiMPLInext et SY&SE. Ils travaillent, respectivement, sur un processus inédit de fabrication de meubles en bois, de la signalétique connectée, une nouvelle génération de tissus cellulaires et une méthode d’assemblage du verre à l’échelle atomique. Le projet gagnant sera révélé le 26 octobre prochain et remportera le prix de 300’000 francs. Avant de connaître le lauréat 2017, L’Express – L’Impartial, partenaire du prix BCN innovation, va à la rencontre de ces entrepreneurs sélectionnés parmi 22 candidats. Au travers du portrait de ces quatre sociétés publiés entre le 17 et le 20 octobre, découvrez les visages de l’innovation neuchâteloise.

Des bornes connectées qui relayent des contenus déclinables à l’infini: le concept Totemi permet aux institutions de diffuser des données géo-contextualisées, personnalisables, modulables selon l’heure ou la saison. Une manière inédite de faire vivre aux utilisateurs une expérience entre réel et virtuel.

Colorés et souriants, d’énigmatiques petits boîtiers ont fait leur apparition à Môtiers, à Neuchâtel et au Laténium, à Hauterive. Il s’agit, en fait, de la face visible du concept Totemi, une signalétique connectée inédite qui diffuse des contenus en certains points précis, par le biais d’une application. Elle procure à l’utilisateur une expérience entre réel et virtuel.

Totems interactifs

Cet outil 2.0 permet à un organisme ou une collectivité de communiquer par l’intermédiaire de totems interactifs sur un site ou une portion de territoire. Les possibilités qu’il offre sont illimitées: Totemi peut accueillir des informations géo-contextualisées, personnalisables, modulables en fonction de l’heure ou de la saison. Il donne aux usagers – visiteurs, citoyens, touristes – l’occasion de partir à une chasse aux trésors interactive et de découvrir des contenus qu’ils décryptent à l’aide de leur smartphone ou d’une tablette. L’un des atouts du système, c’est que les données ne sont accessibles qu’à proximité du totem – les utilisateurs sont donc incités à se déplacer dans leur quête d’informations. Multifonctions, ces petites bornes peuvent servir de lieux d’échange et de partage, de points de rencontre, de sources d’information et de divertissements pour ne citer que ces exemples.

Porté par l’agence web et mobile Talk-to-me, à Neuchâtel, le concept est le fruit de collaborations pluridisciplinaires. «Nous avons travaillé avec la réalisatrice Orane Burri, le Grand 8, un spécialiste de la médiation culturelle, l’entreprise EM-Microélectronique à Marin, le scénographe Raphaël von Allmen, mais aussi l’Université de Lausanne et la HE-Arc, qui ont participé au développement de l’ingénierie logicielle», relate Jean-Bernard Rossel, cofondateur de l’agence. «C’était un challenge stimulant de réunir tous ces acteurs en consortium autour du projet!»

Né et enfanté dans la région, Totemi est par conséquent suisse à 100%. Il a d’ailleurs bénéficié de l’appui du canton, via le fonds NPR.

Vite montés, vite démontés

Trente boîtiers balisent actuellement les trois premiers parcours connectés inaugurés le 11 septembre dernier (lire encadré). Mais le concept pourrait déjà franchir l’Atlantique à brève échéance: Talk-to-me a été sollicité par la Maison de la poésie du Québec pour diffuser des poèmes sonores dans le métro de Montréal. «L’idée est qu’ensuite les totems partent à Paris pour un événement autour des monuments nationaux», détaille Jean-Bernard Rossel. «Vite montés, vite démontés, leur utilisation est simple.»

Totemi est déclinable à l’envi, même en chinois. Une version multilingue vient d’être développée, la langue ne constitue donc pas un obstacle. Le système peut être exploité de plusieurs manières: soit les clients se chargent d’alimenter eux-mêmes les bornes et Talk-to-me créé l’habillage graphique, soit ils font appel à un créateur externe pour réaliser un parcours. «Notre objectif à terme, c’est que collectivités et institutions deviennent propriétaires de l’infrastructure. Quant au contenu, il serait élaboré par des créateurs», explique le codirecteur de l’agence.

Bientôt aussi de nuit

Les concepteurs envisagent déjà de nouvelles applications technologiques pour Totemi. Des échanges sont en cours avec l’Université de Lausanne et la HE-Arc pour développer d’autres interactions innovantes. «Nous cherchons par exemple à faire en sorte que le système puisse être opérationnel dans l’obscurité. L’utilisateur pourrait alors éclairer l’endroit précis d’un objet pour activer la fonction», illustre Jean-Bernard Rossel.

«Nous voulons aller plus loin dans les mécanismes d’interactions, mais évidemment, tout dépendra des financements.»