Retraites: les 50-70 ans, surtout les Romands, rejettent une hausse de l’âge de la retraite

C’est «non» à une hausse de l’âge de la retraite! Les seniors de 50 à 70 ans refusent l’idée, selon un sondage. Les Romands et les femmes sont les plus farouchement opposés à la question.
07 oct. 2019, 08:16
/ Màj. le 07 oct. 2019 à 09:19
Les Romands et les femmes sont particulièrement opposés à une hausse de l'âge de la retraite.

Selon un sondage, les personnes entre 50 et 70 ans rejettent toute forme d’augmentation de l’âge de la retraite, surtout les femmes et les Romands. L’enquête révèle toutefois un gouffre entre les sexes et les régions linguistiques.

Ce sondage a été réalisé en juin dernier auprès de 1000 personnes âgées de 50 à 70 ans, hommes et femmes confondus et provenant de régions différentes, a indiqué lundi le sondeur et consultant Deloitte Suisse, dont le siège est à Zurich.

L’enquête a été menée dans le contexte de l’assainissement nécessaire de l’AVS et les réformes à venir dont le Parlement devra décider. La catégorie d’âge sondée représente 36% de la population ayant le droit de vote et a un taux de participation supérieur à la moyenne.

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Cinq variantes d’un relèvement de l’âge de la retraite leur ont été présentées: retraite à 65 ans pour les femmes, 66 ans pour les hommes, 66 ans pour les deux, progressive à 67 ans et ajustée à l’espérance de vie, a expliqué lundi le sondeur Deloitte Suisse.

Femmes les plus opposées

Et les résultats sont très clairs: aucune des cinq propositions d’augmentation d’âge présentées n’a trouvé une majorité auprès de ce groupe d’électeurs. Ils montrent que seulement 47% des répondants sont en faveur d’un relèvement de l’âge de la retraite des femmes à 65 ans. A cette question, le taux d’approbation n’est que de 32% pour les femmes et de 60% pour les hommes.

Les femmes sont nettement plus opposées à toutes les variantes de l’augmentation de l’âge de la retraite, surtout à celles qui les concernent directement.
Reto Savoia, directeur de Deloitte Suisse

 

«Les femmes sont nettement plus opposées à toutes les variantes de l’augmentation de l’âge de la retraite, surtout à celles qui les concernent directement. Cela pourrait s’expliquer par le fait qu’à côté du travail, elles continuent de s’occuper plus que les hommes des tâches domestiques et familiales et que certaines d’entre elles se sentent désavantagées dans le monde du travail», explique Reto Savoia, directeur de Deloitte Suisse.

Les variantes «66 ans pour les hommes» et «66 ans pour les deux» ne recueillent que 32% d’avis favorables: 30% des femmes et 35% des hommes pour la première, respectivement 25% et 40% pour la deuxième.

«Röstigraben» de politique sociale

La variante retraite «progressivement à 67 ans» est celle qui a le moins de succès, avec 22% d’avis favorables (14% des femmes et 30% des hommes). L’«ajustement à l’espérance de vie» ne séduit guère non plus: 28% des personnes interrogées seulement sont pour (23% des femmes et 34% des hommes).

Les Suisses romands réclament davantage de prestations de l’Etat.
Reto Savoia, directeur de Deloitte Suisse

 

L’enquête montre aussi qu’une nouvelle votation sur le relèvement de l’âge de la retraite pourrait entraîner un «Röstigraben» politique. Seules 24% des personnes interrogées en Suisse romande approuvent l’augmentation de l’âge de la retraite à 65 ans pour les femmes. En Suisse alémanique, le taux d’approbation est en revanche de 55%.

De telles différences existent également dans les autres variantes. «Pour les Suisses alémaniques, le financement durable de la prévoyance vieillesse semble très important, tandis que les Suisses romands réclament davantage de prestations de l’Etat», observe M. Savoia.