Le Conseil fédéral bloque les avoirs de Kadhafi et de sa famille en Suisse

Berne bloque les éventuels fonds de Mouammar Kadhafi et de sa famille en Suisse. Le Conseil fédéral a pris cette décision hier avec effet immédiat, a-t-il annoncé dans un communiqué. La Suisse condamne par ailleurs les violences contre la population en Libye.
02 août 2015, 19:48
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39

La mesure de blocage prend effet immédiatement et pour une durée de trois ans. Le Conseil fédéral entend ainsi éviter tout risque de détournement d'avoirs de l'Etat libyens se trouvant encore sur territoire suisse, précise le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE).

Outre Mouammar Kadhafi lui-même, 28 personnes sont concernées par le blocage des avoirs libyens, dont son épouse Safia Al Barassi, et ses six fils et deux filles, selon l'ordonnance d'application. Treize autres personnes sont des proches parents de Mouammar Kadhafi ou son épouse.

Berne avait déjà bloqué ces dernières semaines les avoirs du président tunisien Zine El Abidine Ben Ali et du président égyptien Hosni Moubarak.

L'importance des biens du clan Kadhafi encore en Suisse reste mystérieuse. Des montants en milliards avaient déjà été retirés des banques helvétiques dans le cadre de la crise diplomatique consécutive à l'arrestation du fils de Mouammar Kadhafi, Hannibal, à Genève en juillet 2008.

La Banque nationale suisse (BNS) a estimé que seuls 630 millions de francs étaient encore en Suisse sur les 5,7 milliards initialement recensés. Pour l'Action Place financière, Berne doit rechercher activement d'éventuels autres fonds qui auraient échappé à la statistique de la BNS.

Alliance Sud a de son côté salué jeudi soir le blocage décidé par la Suisse, relevant que Berne a pour une fois agi avec prévoyance en agissant avant que le chef d'Etat concerné quitte le pouvoir.

Rendant hommage au courage des personnes qui risquent leur vie pour réclamer leurs droits démocratiques, le Conseil fédéral a également exprimé hier ses condoléances aux proches des nombreuses victimes de la violence exercée contre les manifestants en Libye ces derniers jours. /ats