La Poste: La "culture du non-dit" dénoncée par l'ancien patron Claude Béglé

Claude Béglé, ex-président du conseil d'administration de La Poste, dénonce une "culture du non-dit" au sein du géant jaune. "Ce manque de transparence peut entraîner des dérives" difficiles à mettre à jour, explique-t-il.
17 juin 2018, 11:09
/ Màj. le 17 juin 2018 à 11:09
Claude Béglé dénonce une "culture du non-dit" et une "manière de manipuler l'information" au sein du géant jaune.

L'ex-président du conseil d'administration de La Poste, Claude Béglé, dénonce une "culture du non-dit" et une "manière de manipuler l'information" au sein du géant jaune. CarPostal a touché 90,9 millions de francs de subventions indues entre 2007 et 2015.

"Ce manque de transparence peut entraîner des dérives" difficiles à mettre à jour, car "la structure de l'entreprise fait que ceux qui sont aux commandes gardent une marge de manoeuvre", notamment dans l'allocation des coûts, relève M. Béglé dans une interview au Matin Dimanche. "Ce flou leur donne une vraie liberté d'agir."

La Poste a un grave problème de gouvernance, poursuit le conseiller national (PDC/VD). Quand il présidait le géant jaune entre 2009 et 2010, un groupe de hauts fonctionnaires détenait le pouvoir dans les ex-régies au lieu du Conseil fédéral. "Ce n'est pas qu'ils refusaient des réformes, mais ils voulaient garder le pouvoir dans leurs mains." Aujourd'hui, on dit toutefois que c'est "moins marqué".

"Réflexe de l'huître"

Le Vaudois pointe également la culture du chef qui règne au sein de La Poste, autre aspect de "ce climat bien particulier" et propice aux dérives. "On attend une loyauté sans failles de l'ensemble de l'organisation vis-à-vis de ceux qui sont aux manettes", assure-t-il. "Dans la maison Poste, on pense collectivement. On suit le courant principal, sans se remettre en question."

L'ex-président de La Poste réaffirme par ailleurs qu'il n'était pas au courant des malversations comptables qui se sont étalées de 2007 à 2015. "Je ne serais pas étonné qu'à l'époque, certains ont délibérément cherché à me cacher ces informations", souligne M. Béglé. Selon lui, il y avait alors "ce réflexe de l'huître qui voulait rejeter le corps étranger que j'étais".