Neuchâtel a réussi un grand tour de force

Reconnaissance de la boucle finale de la troisième étape du Tour de Romandie avec Richard Chassot.
03 août 2015, 08:50
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39

C'est le grand jour après 21 ans d'absence: le Tour de Romandie (TdR) retrouve Neuchâtel pour la huitième fois. Sa troisième étape arrive aujourd'hui à la place du Port. Après un premier passage sur la ligne, les coureurs auront droit à une boucle de 52 km autour du chef-lieu. Pour réussir cette opération, les organisateurs locaux n'ont pas chômé. Mettre sur pied une arrivée d'une telle course au centre-ville de Neuchâtel n'est pas simple, c'est même un tour de force. Le comité d'organisation local en sait quelque chose. Le directeur du TdR, Richard Chassot a accompagné quelques-uns de ses membres lors d'une reconnaissance conviviale et sportive.

«Je n'avais jamais fait ça», révèle Richard Chassot, ex-coureur cycliste avant le départ. «C'est très sympa. Je suis bien motivé, même si c'est ma première sortie de la saison.» Au fil des kilomètres, le Fribourgeois a vite retrouvé le rythme. Les autres participants à cette «sortie» ont plus ou moins souffert, selon leur niveau d'entraînement et leur habitude du cyclisme.

«C'est la première fois que je fais un truc pareil», reconnaît Laurent Claude, président du comité neuchâtelois et ancien footballeur. «Le cyclisme est vraiment un sport dur.» Patrick Pollicino, directeur du Service des sports de la Ville, s'est joint à cette joyeuse bande avec Olivier von Gunten, responsable des manifestations des Sports, Philippe Clerc, responsable du parcours, Gilles Robert et Joël Zimmerli, membres du comité. Leur escapade a duré près de deux heures sur les routes que les coureurs du TdR emprunteront aujourd'hui.

Pas forcément au sprint

La montée vers Enges a constitué la principale difficulté de la sortie. Courageusement, chacun l'a affrontée à son rythme. «Quel est le c… qui a fait ce parcours», rouspète en pleine ascension, et non sans humour, Philippe Clerc, qui a conçu le tracé...

Richard Chassot a dicté le rythme, sans forcer. A l'arrivée à Enges, alors que la montée n'est pas terminée, le directeur du TdR livre son analyse: «C'est là que ça va faire mal. Les gars vont remettre du braquet avant la fin de la montée et ça va attaquer devant. Si un coup part ici, les équipes de sprinters auront du mal à revenir sur les échappées. Un gars comme Vinokourov pourrait partir et il serait difficile à reprendre. Le sprint massif final n'est pas inévitable.»

On ne rêve pas forcément de ce scénario et on voit bien un sprinter comme Mark Renshaw (sans coup de boule) ou Oscar Freire (vainqueur en 2009 à La Chaux-de-Fonds) lever les bras sur l'avenue du 1er-Mars.

Une fois ce Grand Prix de la montagne (1re catégorie) avalé, il restait 40 km à parcourir à nos amis. Sur le Plateau de Diesse, au pied du Chasseral, ils ont profité du paysage en récupérant. Arrivés à Prêles, il leur restait la remontée vers Lignières dans la descente vers La Neuveville, puis le retour très rapide vers Neuchâtel.

Pas de sprint final à l'arrivée, mais une bonne poignée de mains et des accolades, avant l'inévitable apéro, récompense méritée pour ces cyclistes d'un jour.

Difficile à refaire

Sur une terrasse du port de Neuchâtel, la discussion se poursuit. Philippe Clerc, responsable du parcours, soutient que sprint il y aura sur l'avenue du 1er-Mars. Faut dire que tout a été fait pour que l'étape se termine par un emballage final royal. Et il n'a pas été simple de dessiner la boucle finale.

«Nous n'avions pas beaucoup le choix, car il était impossible de passer par l'ouest de la Ville en raison des travaux», raconte Philippe Clerc. «Il fallait donc se diriger vers l'est. Il était exclu de passer par Chaumont, les descentes pour revenir sont trop dangereuses. Assez rapidement, cette boucle vers Enges et le Plateau de Diesse s'est imposée.»

Restait encore à obtenir les autorisations pour arriver à Neuchâtel en passant devant l'hôpital Pourtalès. «Nous avons présenté notre projet à la police et au Conseil communal», précise Philippe Clerc. «Nous sommes vite tombés d'accord et nous avons fait notre possible pour que tout joue le mieux possible.» Les zones d'accès aux urgences et les points stratégiques ont été définis, mais c'était compliqué.

«A l'avenir, une arrivée classique avec un seul passage sera plus facilement réalisable que cette formule avec une boucle», confirme Philippe Clerc, qui s'est aussi démené pour trouver les 80 bénévoles nécessaires. «Si le beau temps nous accompagne, cette arrivée donnera une très belle image de Neuchâtel.» Pour le Millénaire et pour toutes les personnes engagées dans cette aventure, ce serait un joli cadeau. Les organisateurs l'ont définitivement mérité après leur reconnaissance.