Gilbert vise le triplé sur ses terres

03 août 2015, 08:50
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39

Sur sa lancée des deux premières classiques ardennaises, le Belge Philippe Gilbert s'attaque demain à la plus prestigieuse: Liège - Bastogne - Liège, la «Doyenne» qui ferme le chapitre printanier des grandes courses d'un jour.

L'Amstel Gold Race, dimanche dernier, puis la Flèche wallonne, mercredi, ont délivré la même vérité. D'homme à homme, Gilbert est actuellement au-dessus du lot. De loin le plus fort dans les côtes, le Wallon se comporte aussi en patron dans la course, joue tactiquement avec ses adversaires et s'appuie sur une formation entièrement dévouée. Sa motivation est évidemment totale dans la course qui l'a fait rêver depuis son enfance passée au pied de la côte de la Redoute, l'un des lieux emblématiques de la «Doyenne» à 35 kilomètres de l'arrivée à Ans. Des milliers de supporters sont attendus sur le site, tout comme sur le parcours exigeant - dix côtes - de 255,5 kilomètres.

Le Belge (4e en 2009 et 2010) joue à domicile devant un public qui a communié avec lui mercredi dans la montée finale de Huy. Il faut remonter aux années 1970 (Joseph Bruyère) pour trouver trace au palmarès d'un coureur wallon. Même Claude Criquielion, héros de la Wallonie dans les années 1980-1990, a échoué régulièrement à son époque. Tactiquement, Gilbert a pour avantage de pouvoir jouer sur différents registres, l'attaque afin de réduire le nombre de ses rivaux, l'attente pour miser sur le sprint. Il a surtout à craindre d'être exposé prématurément à des attaques répétées de ses adversaires. Il incombe logiquement à sa formation de le soutenir le plus longtemps possible dans un final qui s'est dénoué depuis deux ans dans la côte de la Roche aux Faucons, placée au seuil des 20 derniers kilomètres.

Les Schleck et Vinokourov premiers outsiders

Pour s'opposer à un triplé ardennais réalisé une seule fois, par Davide Rebellin en 2004, les regards se tournent en priorité vers les deux derniers lauréats à Ans, Andy Schleck (2009) et Alexandre Vinokourov (2010). A l'inverse du vainqueur du Tour de France, Alberto Contador, qui s'est limité à la Flèche Wallonne, le cadet des Schleck vise haut dans la plus prisée des classiques. Tout comme son aîné, Frank, convaincu que la distance de la Doyenne est à son avantage.

A défaut d'alter ego, bien qu'il voit arriver à ses côtés le Tchèque Roman Kreuziger, «Vino» possède un tempérament offensif et surtout un sens de l'opportunité qui en font un coureur à surveiller. Vainqueur à deux reprises à Ans, le Kazakh s'est rassuré mercredi en prenant une probante quatrième place au sommet du mur de Huy.

L'équipe Katusha, elle, mise sur son collectif. «Nous avons plusieurs cartes à jouer», estime l'Espagnol Joaquin Rodriguez (2e en 2009) en citant également le Russe Alexandre Kolobnev (2e en 2010) et l'Italien Danilo Di Luca (vainqueur en 2007). Rodriguez, deuxième des deux premiers rendez-vous ardennais, affiche la couleur: «Je voudrais terminer par une victoire.» si