Arrêter de fumer fait grossir, confirme une étude

Après avoir renoncé à la cigarette, les fumeurs prennent du poids. Mais cela n'a rien à voir avec la quantité de calories avalées en compensation de la nicotine. Tout est question de flore intestinale, expliquent des chercheurs zurichois.
07 août 2015, 11:43
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Eine Frau raucht am 21. Juni 2008  in Erfurt eine Zigarette. Die Gesundheitsminister von Bund und Laendern beraten am Freitag, 5. September 2008, ueber das Rauchverbot in Gaststaetten. (AP Photo/Jens Meyer)  --- A woman smokes a cigarette in Erfurt, Germany, on Saturday, June 21, 2008. (AP Photo/Jens Meyer)

Lorsque les fumeurs renoncent définitivement à la cigarette, 80% d'entre eux prennent en moyenne 7 kilos selon diverses études. Cette prise de poids est liée à la modification de la composition de la flore intestinale, selon des chercheurs de l'Hôpital universitaire de Zurich.

Le poids augmente même si les ex-fumeurs ingèrent la même quantité voire moins de calories que lorsqu'ils fumaient, indique jeudi un communiqué du Fonds national de la recherche scientifique (FNS) qui a soutenu l'étude.

Ce phénomène est dû à une modification de la composition de la diversité bactérienne dans les intestins, selon Gerhard Rogler de l'Hôpital universitaire de Zurich dont l'étude a été publiée récemment dans le magazine spécialisé "PLoS One".

L'expérience a été menée durant neuf semaines auprès de 20 personnes, cinq non-fumeurs, cinq fumeurs et dix personnes ayant entamé un sevrage tabagique une semaine après le début de l'étude. Les chercheurs ont constaté que l'arrêt du tabac a engendré de grands changements dans la composition de la flore intestinale microbienne.

Les souches de bactéries qui prédominent également dans la flore intestinale des personnes obèses prolifèrent après l'arrêt du tabac. Les sujets qui avaient arrêté de fumer ont pris en moyenne 2,2 kilos durant les 9 semaines de l'expérience, même s'ils n'avaient en rien modifié leurs habitudes alimentaires. Petit détail, ils consommaient un peu plus d'alcool vers la fin de l'étude.

Ce résultat avait déjà été observé lors d'études précédentes réalisées sur des souris. L'étude s'inscrivait dans le cadre de l'étude suisse de cohorte des maladies inflammatoires chroniques de l'intestin (Swiss IDB cohort study).