Les aventures de Mr Taupe et de Mr Rat

02 août 2015, 19:52
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39

Tout commence avec le printemps, par une belle journée ensoleillée où Mr Taupe abandonne son grand nettoyage pour trottiner à travers les prairies jusqu'à une rivière. Là, il aperçoit un trou sombre juste au-dessus de l'eau. C'est le logis de Mr Rat, aimable animal qui ne tarde pas à devenir un ami chez qui il s'installe. Ainsi peuvent commencer les aventures du «Vent dans les saules», ce classique de la littérature jeunesse, publié aujourd'hui en poche dans une nouvelle traduction.

Comme l'explique l'écrivain argentin Alberto Manguel dans sa préface personnelle et pertinente, Kenneth Grahame, Ecossais issu de l'aristocratie, né en 1859, avait inventé un récit rythmé pour son fils Alastair, avant que celui-ci ne meure plus tard à Oxford dans des circonstances troubles. La dernière version présente au contraire un conte lent, où la vie suit le cours des saisons. La nature, tour à tour menaçante et accueillante, donne lieu à des descriptions inquiétantes ou charmantes et fait frissonner de peur ou de bonheur.

Dans ce conte destiné à la jeunesse par son auteur, «en tout cas pour ceux qui gardent en eux l'esprit de jeunesse», pas de femmes, ou si peu, risquent de menacer la tranquille amitié masculine qui lie Mr Taupe et Mr Rat sous le regard paternel de Mr Blaireau. Donc pas de «guerre des sexes». Chaque chapitre narre une aventure, ici Mr Taupe se promène dans l'inquiétante Forêt sauvage, là le fantasque Mr Crapaud les embarque dans un voyage en roulotte avant de s'enticher de bolides de course.

Chaque animal est fortement attaché à son foyer, et une expérience effrayante dans le froid est immédiatement suivie par un repos bien mérité au coin d'un feu, dans une chaleur communicative. La lecture du «Vent dans les saules» réconforte donc, et enchante avec sa douce campagne riante, parfois hantée de petits personnages merveilleux et méchants, mais dominée par Pan, puissant dieu bienveillant.

«Le Vent dans les saules», Kenneth Grahame, traduit de l'anglais par Gérard Joulié, éd. Phébus, 224 pages