Un observateur éclairé

Vous aussi vous vous passionnez pour la faune sauvage? Découvrez l'Air du temps de Matthieu Henguely.
21 oct. 2021, 05:30
/ Màj. le 21 oct. 2021 à 05:30
Air du temps - Matthieu Henguely

D’abord, c’est une ombre au sol qui attire notre attention. Puis on le voit à une centaine de mètres, survolant à basse altitude la pente déjà en partie enneigée. «C’est gros!», dit-on. «Regardez la queue, ce n’est pas un aigle, c’est un gypaète!», s’enthousiasme notre voisin.

Jeudi dernier au Val Trupchun, une vallée paumée au cœur de l’Engadine, de nombreuses paires de jumelles suivent le vol plané du grand rapace. Nous sommes dans le Parc national suisse et la vallée est connue des amoureux de la nature de tous horizons pour permettre de jolies observations.

La relative difficulté à atteindre le lieu – environ deux heures de marche à l’aller, autant au retour – limite l’accès à ce «hotspot» de la faune sauvage aux non-motivés. Du coup, il règne une ambiance sympa entre observateurs s’y connaissant souvent un peu. On échange quelques mots en allemand, en anglais, voire en français. On montre les chamois vus à gauche, les cerfs repérés à droite. 

Cette ambiance, on peut parfois la retrouver sur nos crêtes jurassiennes, mais en plus petit comité. Entre deux ou trois photographes discrets devant les bouquetins du Creux-du-Van par exemple. 

Mais on croise aussi des gens d’un tout autre genre, avec la route finissant au ras du cirque. La dernière fois, un gus – lunette de marque, chemise et pantalon blancs - était arrivé devant les animaux à cornes sans les repérer, occupés à donner des consignes de vente à son contact via Facetime. Quand tout d’un coup: «Eh regarde, une chèvre!»

Ok, c’est pas exactement la même ambiance. Mais au moins, on avait souri.


par Matthieu Henguely