Policiers et pompiers neuchâtelois poursuivent leur mouvement de grève

La grève des factures et de certaines amendes risque de se poursuivre tout le week-end dans le canton de Neuchâtel, faute d'accord trouvé sur le financement des retraites des pompiers et policiers. Les employeurs n'excluent pas des sanctions.
07 août 2015, 11:58
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Attention: les contractuels, pas touchés par le plan de retraites controversé, continuent de mettre des amendes dans les villes de Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds.

Après une première journée de grève des factures et de certaines amendes, les policiers et les pompiers neuchâtelois n’ont pas trouvé d’accord avec le Conseil d’Etat, avec qui ils négocient le financement de leur retraite spéciale dans le cadre de l’assainissement de Prévoyance.ne.
En fait, les syndicats concernés n’ont tout simplement pas de nouvelles, nous ont-ils fait savoir ce vendredi soir. Leur mouvement pourrait bien durer tout le week-end.

Parcage en ville: amendes maintenues!
Et il pourrait coûter cher:plusieurs dizaines de milliers de francs par jour en tout cas. Car les policiers et les pompiers ont renoncé à coller des amendes d’ordre et des procès-verbaux. Attention: on ne parle pas ici des amendes de stationnement délivrées dans les villes de Neuchâtel et de La Chaux-de-Fonds! Au chef-lieu, les agents étaient au travail aujourd'hui, au grand dam de plusieurs automobilistes qui ont cru qu’ils pouvaient dépasser leur temps de stationnement sans prendre de bûche. Mal leur en a pris, comme nous l’a confirmé une lectrice surprise d’avoir été collée!
En fait, ce sont avant tout des factures qui ne sont pas délivrées, comme les interventions sur de fausses alarmes ou les frais d’établissement de rapports. Les deux SIS ne facturent plus les transports en ambulance. Et les petits excès de vitesse ne sont pas sanctionnés. Mais les chauffards ont droit à leur amende et les infractions graves restent poursuivies normalement.

Sanctions pas exclues
L’Etat, principal employeur dans la négociation sur les retraites, va-t-il faire de nouvelles propositions à l’issue du premier jour de grève? Nous n’avons pas obtenu de réponse ce soir. Mais dans un courrier adressé aux syndicats, Alain Ribaux souligne que «le Conseil d’Etat se réserve le droit de prendre toute mesure disciplinaire ou de recouvrement en cas de préjudice». Un autre courrier a été envoyé au corps de police de la Ville de Neuchâtel et au personnel des SIS par le conseiller communal de Neuchâtel Olivier Arni. Lui aussi dit se réserver «d’appliquer les dispositions statutaires en matière discplinaire». Pour les syndicats, ces actions s’inscrivent dans l’exercice de la liberté syndicale. Ils n’hésiteront pas à faire opposition à d’éventuelles mesures disciplinaires.

Pour rappel, les policiers, pompiers et pilotes bénéficient d’une retraite à 60 ans, âge relevé à 62 ans dans le cadre de la recapitalisation de Prévoyance.ne. Pour pouvoir partir à 60 ans comme jusqu’ici, ils devraient prendre en charge l’entier du supplément de cotisation, ce qu’ils refusent, exigeant une cotisation paritaire employeur-assuré. Le reste du personnel de la fonction publique, dans le cadre des mesures de recapitalisation, verront eux passer leur âge de retraite de 62 à 64 ans.