N’ayons pas peur de l’autre

En s’attaquant à la loi sur la reconnaissance des communautés religieuses, ses opposants visent en fait, sans forcément le dire, les musulmans. Faut-il vraiment en avoir peur, se demande Nicolas Willemin, journaliste à «ArcInfo»?
10 sept. 2021, 15:45
/ Màj. le 10 sept. 2021 à 16:35
Portraits SNP  Neuchatel, 10 01 2018 Photo : © David Marchon

Si les citoyens neuchâtelois acceptent, le 26 septembre, la loi sur la reconnaissance des communautés religieuses, il n’y aura pas pour autant des minarets sur le château de Neuchâtel. Et l’islam ne deviendra pas une religion d’Etat, contrairement à ce qu’affirment actuellement d’anciens politiciens UDC.

Qu’une communauté religieuse soit reconnue d’intérêt public par le canton de Neuchâtel ne va pas lui permettre d’imposer ses doctrines à la population et encore moins de prêcher le djihad dans ses lieux de culte.

La République est bel et bien laïque et elle le restera.

Evangéliques, juifs, musulmans ou bouddhistes, ils sont plusieurs milliers, ces Neuchâtelois qui vivent leur foi, souvent depuis des dizaines d’années, à côté de leurs concitoyens réformés ou catholiques. Et aussi de tous ceux qui ne sentent pas reliés à une religion. Cette cohabitation ne pose pas le moindre problème. La plupart d’entre eux sont d’ailleurs complètement intégrés dans la société neuchâteloise et ont même souvent un passeport suisse.

Le Conseil d’Etat propose que la reconnaissance des communautés religieuses soit un acte politique en l’entérinant par le Grand Conseil, composé de représentants de la population. Ceci permettra de bien montrer qu’il s’agit d’une décision symboliquement forte d’intégration dans la vie locale.

Et c’est cela que cherchent les communautés qui souhaitent être reconnues. Montrer qu’elles font bel et bien partie de la société cantonale. Qu’elles lui apportent une richesse et une diversité spirituelle dans un monde en quête de repères.

par Nicolas Willemin