«Dr Jekyll et Mr Hyde» sur le banc du tribunal

L'audience préliminaire du procès du médecin chaux-de-fonnier qui avait tué son ex-épouse d'une balle dans la tête il y a trois ans, a eu lieu hier. L'homme admet les faits mais pas la préméditation.
02 août 2015, 19:52
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39

Divorcé de son épouse en août 2007, ce médecin chaux-de-fonnier n'aurait pas supporté la rupture. Au point d'en arriver à l'irréparable quatre mois plus tard. Le 6 janvier 2008, le médecin se présentait au domicile de son ex-épouse pour ramener ses filles après avoir exercé un droit de visite. Après avoir pris un repas en commun, et alors que les deux filles, âgées de 8 et 10 ans au moment des faits, étaient dans leur chambre, l'homme tirait une balle dans la tête de son ex-épouse, provoquant sa mort instantanée.

Hier, lors de cette audience préliminaire, la défense s'est accrochée à la thèse «pharmacologique», selon laquelle, au moment du meurtre, le médecin aurait été dans «une situation d'anormalité psychique née d'un médicament qu'il prenait à cette période. (...) C'est un acte du docteur Jekyll», a illustré son avocat. «Son cerveau était empoisonné par cette substance.»

Car si le médecin admet les faits, il conteste l'assassinat, soit l'homicide volontaire avec préméditation. Une thèse réfutée par la partie civile, qui défend les intérêts de la famille de la victime, au vu des éléments figurant au dossier. Il a été en effet établi que les 27 et 28 novembre 2007, soit un mois et demi avant l'homicide, il s'était procuré, en sa qualité de médecin, du chlorure de potassium, un produit mortel utilisé lors de l'exécution des condamnés à mort aux Etats-Unis. On sait aussi qu'il avait réparti ce produit dans trois seringues et qu'il en avait préparé trois autres contenant un puissant sédatif.

Le 6 janvier, il se rendait au domicile de son ex-épouse, muni d'un sac contenant les six seringues, un tournevis dont le manche était entouré d'un mouchoir et un pistolet SIG P210 muni d'un chargeur contenant huit cartouches. Des actes préparatoires qui indiquent son intention de supprimer également ses deux filles, ce à quoi il a finalement renoncé ensuite, selon l'ordonnance de renvoi. Hier le prévenu ne s'est pas exprimé. «Je ne veux pas de liberté, je veux finir en prison», aurait-il confié à son mandataire. L'audience aura lieu les 18, 19 et 20 mai prochain. /SYB