Des élèves de terminale écrivent sur l'intégration

02 août 2015, 18:45
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39

«Nous enlever la pancarte bon à rien, aider, s'ouvrir au monde.» Voilà les motivations de David Erny et Luca Calvo, deux élèves des classes de terminale et d'accueil de l'école secondaire du Locle qui viennent d'achever l'écriture du livre «Vous avez dit intégration?» Et de comprendre les mécanismes qui se cachent derrière le «Moi, je vous dis que ce n'est pas facile» lancé par une jeune Portugaise.

Tout commence durant l'année scolaire 2007-2008. Des professeurs souhaitent rendre ludiques leurs classes de français. Ils prennent donc du temps sur leurs cours pour parler d'immigration, puis d'intégration, sujets sensibles dans ces classes qui comptent un grand nombre d'étrangers. Les élèves se passionnent et s'investissent, se reconnaissant dans ce thème. Ils abordent leur matière sous tous les angles; interviewent leurs camarades fraîchement arrivés ou les visiteurs de la Fête de l'école, écrivent des biographies, débattent. A l'arrivée, un livre sur le regard que portent des jeunes sur les problèmes d'intégration: difficultés scolaires mais aussi sociales, comme le non-choix d'émigrer ou la solitude due à l'impossibilité de communiquer. Mais aussi de riches entretiens avec des personnalités qui ont vécu une intégration, complétés par une enquête sur le pourcentage d'étrangers au Locle et l'évolution de ce chiffre au fil des années.

La publication de ce livre n'est pas une fin en soi. L'ouvrage fait partie d'un projet à long terme, dont le sujet principal est bien évidemment l'émigration et le cadre, les classes de français. Il a été suivi par la réalisation d'un court-métrage présenté à Neuchàtoi, lors du forum sur la place de l'expression des jeunes dans la société. Il s'agit de cinq sketches sur les préjugés qu'a la société sur les étrangers, dont le fameux «on vous rappellera» de l'entretien d'embauche.

Le problème principal soulevé dans le processus d'intégration est la langue. Une élève relève qu'elle était contente qu'il y ait eu d'autres enfants de son pays dans sa classe «parce que ça aurait été trop épouvantable si personne n'avait parlé la même langue que moi». La barrière linguistique et culturelle isole car «la notion d'amitié demande une forme d'appartenance commune, de reconnaissance qu'il n'est pas facile d'établir» (p18). Christiane Perregaux résume très bien les problèmes d'intégration en disant qu'«ils viennent d'ici, d'ailleurs, mais aujourd'hui sont tous d'ici». Et Luca Calvo de conclure que «même si ça prend plus de temps, on peut apprendre à se connaître, être amis». /afr

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