Mais quelle pointure

03 août 2015, 08:50
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39

Pour ceux qui ne jurent que par les superproductions et les blockbusters, c'est assurément un petit film. Pour ceux qui considèrent que la vie, c'est parfois du cinoche, c'est vraiment un très grand film.

Entre tarentelle et sarabande, une pulsion de vie gigote tout au long de cette œuvre sensible et délicate qui ose s'achever sur un chant d'amour et un sourire. Avouez qu'à l'heure où le marché pousse ses feux pour tout commercialiser, vendre, acheter, marchander et marchandiser, cette audace n'a pas de prix, elle serait même à louer tiens!

Avec «Tous les soleils», Philippe Claudel ne cesse de m'émerveiller par un talent, une finesse et une justesse de ton qui lui permettent de naviguer avec un égal bonheur entre littérature et cinéma.

Avec ce gars-là, j'aimerais bien partager une tournée au Café de l'Excelsior. Et justement quand j'évoquais la stature du bonhomme avec les sédentaires qui voyagent avec moi à la compagnie des zincs, nos échanges ont pris un petit côté «brèves de comptoir» qui, j'ose l'imaginer, l'aurait fait sourire.

Quand l'ami «Pardi», on l'appelle comme ça parce qu'il dit toujours «pardi», m'a demandé «Pardi, ton Claudel-là, c'est pas c'lui qu'a écrit la pantoufle en machin?», j'ai été obligé de lui répondre «Non, tu confonds avec Blanche Neige, mais lui aussi c'est une pointure!»