Une octogénaire raye 55 voitures avec ses clés au Landeron

Une octogénaire a comparu ce mardi matin devant le Tribunal régional du Littoral et du Val-de-Travers pour avoir rayé 55 voitures avec ses clés. La procédure est suspendue, la prévenue s’étant engagée à dédommager les plaignants.
26 mars 2019, 13:08
/ Màj. le 26 mars 2019 à 11:59
La retraitée n'a pas été en mesure d'expliquer ce qui l'avait poussée à rayer systématiquement toutes les voitures qu'elle rencontrait sur son chemin.

Entre mai et août 2018, la paisible commune du Landeron a connu une étrange épidémie. Pas moins de 55 véhicules ont été consciencieusement rayés. Alertée, la police a posé une caméra pour tenter d’identifier le serial rayeur. Qui s’est avéré être une serial rayeuse, habitant le village et âgée de plus de 80 ans.

Ce mardi matin, Andrée* comparaissait devant le Tribunal régional du Littoral et du Val-de-Travers, à Neuchâtel, pour dommages à la propriété qualifiés. Elégante et très droite, la prévenue, qui s’est présentée sans avocat, a expliqué en ouverture d’audience qu’elle n’entendait pas bien. Elle s’est donc levée pour se placer juste devant la juge Geneviève Calpini Calame, accoudée au pupitre.

«On fait de drôles de choses dans la vie»

La juge a bien entendu tenter de comprendre pourquoi la prévenue, sans aucun antécédent, avait soudain décidé de s’en prendre systématiquement à tous les véhicules parqués qu’elle rencontrait sur son chemin. En vain. «Je ne peux pas vous dire, ce n’était pas voulu du tout», a répété plusieurs fois Andrée, qui a reconnu l’ensemble des faits.

«Je passe là depuis six ans, tous les jours quand il fait beau, et je n’ai jamais eu de problèmes avant», a également expliqué la retraitée. Un peu plus tôt, avant même d’être interrogée, elle avait déclaré: «On fait parfois de drôles de choses dans la vie.»

La prévenue s’engage à rembourser

Drôles peut-être, mais pas sans conséquences. Le montant estimé des dommages dépasse allégrement les 100’000 francs. Les deux seuls plaignants présents à l’audience ont accepté de retirer leur plainte si Andrée remboursait les dommages non couverts par les assurances.

La juge a proposé de suspendre la procédure. Le tribunal va écrire une lettre aux plaignants, leur indiquant qu’Andrée est prête à rembourser et leur demandant de retirer leur plainte. Cela pour arranger tout le monde et éviter à Andrée une peine trop lourde: le ministère public requerrait une année de prison avec sursis, assorti d’une amende.

La juge a clos l’audience avec un conseil pour la prévenue: «Désormais, il faut laisser vos clés dans votre sac».

*Prénom fictif

par Nicolas Heiniger