Céline ne botte pas en touche

Première femme en Suisse à être titulaire d'une maîtrise fédérale de bottière orthopédique, Céline Coulet prend son pied à Bevaix.
02 août 2015, 19:52
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39

Céline Coulet conçoit et fabrique des chaussures sur mesure pour des patients handicapés et adapte des souliers de série pour des personnes à la mobilité un peu entravée. Cette jeune femme n'exerce pas ce métier par hasard pas plus que son emploi chez Desplands n'est fortuit.

«J'accompagnais ma maman handicapée chez François Desplands pour avoir des chaussures sur mesure. C'est ainsi que j'ai découvert ce métier». Céline a effectué dans la foulée une semaine de stage d'immersion qui a aiguisé sa vocation pour le job de bottière orthopédiste. Elle est revenue des années plus tard à Bevaix pour apprendre le métier sous toutes ses coutures pour ensuite décrocher avec succès sa maîrise fédérale ainsi qu'un diplôme en management d'entreprise.

Chaussure à son pied
La première Suissesse à être diplômée dans la botterie orthopédique a manifestement trouvé chaussure à son pied. «J'aime discuter des problèmes avec les patients et trouver des solutions adaptées à leur anatomie». Céline Coulet excelle dans sa fonction. Il faut dire qu'elle est à bonne école. La maison François Desplands possède 135 ans d'expérience dans le domaine de la botterie orthopédique. François est la quatrième génération. Le métier demeure artisanal comme au temps de son arrière grand-père, mais les techniques ont évolué. Il est à sa manière un chirurgien car, sans son savoir-faire, le patient quittant l'hôpital avec une jambe ou un pied amputé ne pourrait jamais remarcher. «Il m'arrive d'ailleurs régulièrement de me rendre à Pourtalès ou ailleurs pour prendre des mesures». Ensuite tout est question de méticulosité et de précision. «Nous travaillons au millimètre. Il faut 36 heures environ pour fabriquer une paire de chaussures sur mesure», relève Céline.

Chaussure pour chien
La clientèle de la maison Desplands est très éclectique, jusqu'aux nouvelles recrues ou aux officiers de l'armée qui souffrent dans leurs chaussures. Malgré sa jeune expérience Céline s'est trouvée confrontée à des demandes particulières. «J'ai fait une petite chaussure pour un chien blessé et  un casque pour une dame épileptique ». La petite entreprise de François Desplands ne connaît en tout cas pas la crise.  «La sédentarité encore plus marquée à notre époque est à l'origine de surcharge pondérale qui influe directement sur la santé des pieds. Le diabète, l'arthrose et la polyarthrite créent aussi des problèmes ayant des répercussions sur les pieds».

Céline Coulet travaille pour François Desplands, mais ce dernier lui laisse carte blanche, signe d'une confiance totale en ses capacités de bottière orthopédiste. «Je suis complètement autonome, de A à Z, depuis la réception du patient jusqu'à l'établissement de la facture. J'ai beaucoup de satisfaction dans mon travail comme indépendante tout en ayant la sécurité d'être salariée ».  /APR