Candide, Voltaire et Philippe Cohen cultivent leur jardin au Pommier de Neuchâtel

L’humoriste Philippe Cohen s’explique avec le «Candide» de Voltaire, ce mercredi et ce jeudi, au théâtre du Pommier à Neuchâtel.
13 nov. 2018, 15:30
/ Màj. le 13 nov. 2018 à 15:30
Philippe Cohen se glisse dans la peau de Voltaire...

Sa compagnie a beau s’appeler «Confiture», Philippe Cohen n’est pas homme à étaler sa culture. Passionné par les grands textes, l’humoriste détourne les classiques en des critiques sociales contemporaines. Après «Le Cid» de Corneille, le Genevois coiffe sa plus belle perruque pour une relecture affûtée de l’inénarrable «Candide» (1759) de Voltaire. Explications du comique philosophe avant son passage au Pommier, à Neuchâtel, ce mercredi et ce jeudi.

Se mettre dans la peau de Voltaire, c’est tout de même culotté?

Non, c’est un job artistique; interpréter, lire, extraire les traits de caractère, retrouver dans ses écrits et sa biographie un auteur admirable, vif, plein d’humour, un Monsieur qui a pris des risques, et qui a beaucoup vécu et voyagé… Et restituer cela dans un spectacle, c’est plutôt un hommage, une mise au goût du jour.

Qu’est-ce que Candide nous apprend sur notre époque?

Au fond, les périples de Candide, ses découvertes naïves qui mettent en lumière la cruauté du monde du 18e siècle, peuvent nous effrayer ou nous décourager; mais tout comme aujourd’hui malgré l’horreur de l’actualité, Candide ne nous interdit pas d’espérer, même si notre foi en la nature humaine est mise à rude épreuve.

Voltaire use d’une plume féroce, subversive. Comment serait reçu ce livre aujourd’hui?

Ce livre ne serait pas reçu aujourd’hui. Il est reçu; lu, étudié dans les écoles. A mon avis, l’impact pour un lecteur (ou un spectateur) peut consister dans l’étonnement d’y trouver tant de raisons de rire, comme pour dédramatiser les méchancetés en dénonçant les non-dits et les hypocrisies des hiérarchies. De l’humour en plein cœur de la philosophie, il fallait le faire! 

 

Infos pratiques 

CCN-Théâtre du Pommier, mercredi 14 et jeudi 15 novembre à 20h, dès 12 ans.

par Catherine Favre