Au CPLN, le ton provocateur, voire rebelle, est donné

«Recherche ta vérité». Tels sont les premiers mots que propose l'exposition «N4». Dès son entrée dans cette édition, le visiteur se retrouve interpellé. D'ailleurs, lors du défilé gothique d'un vernissage jugé hors du commun par les organisateurs, le ton provocateur, voire rebelle, était donné.
02 août 2015, 17:39
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39

La galerie fait cette année la part belle à tous les genres: «Un patchwork de tous les arts» comme se plaît à le dire Thierry Rousselot, le doyen de l'Ecole des arts et métiers (EAM), secteur dessin. Il apprécie que ses supérieurs lui aient laissé carte blanche. La passerelle offerte aux créateurs par le groupe Effusio - à la tête de l'événement - promeut la pluridisciplinarité. C'est dans cette perspective que les directeurs artistiques Francisco Garcia et Philippe Ribaux, accompagnés de Daniel Lehman, ont conçu la version 2007. Ils soulignent l'apparition d'arts plastiques plus variés, d'un niveau technique croissant ainsi que des genres comme la BD ou le «graff». L'enthousiasme qui les habite leur permet d'envisager l'ouverture d'une section multimédia. A terme, ils espèrent interagir toujours plus avec leurs collaborateurs d'outre-Sarine. Et trouver avec davantage de facilité des lieux d'exposition qui leur soient communs.

Le résultat éclectique qui émane des travaux réalisés par les 24 artistes évoque bien l'ouverture prônée par les concepteurs. Ces derniers se réjouissent du potentiel «infini» qui règne en Suisse occidentale. A titre d'exemple, les boîtes aux lettres étonnantes en peinture trompe-l'?il de Manon Lenggenhager; ou encore, dans un souci de pragmatisme, le «k-lendrier» de l'inventeur industriel Joseph Ndarusanze. Le tout est mis en relief par un «bâtiment qui offre des perspectives incroyables», s'exclame Jean-Blaise Matthey, directeur de l'Ecole des arts et métiers.

La vocation pédagogique du projet réjouit les responsables de la formation professionnelle. Elle permet de sensibiliser les jeunes à un type de travail qu'ils méconnaissent pour la plupart, mais qu'ils respectent grâce aux explications des auteurs. L'art initie les non-spécialistes, il va à leur rencontre. Neuchâtel présente donc, dans un endroit inhabituel, un créneau qui n'existait pas dans la région. /phb