Knut vend cher sa peau

02 août 2015, 19:53
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39

Décédé le 19 mars au faîte d'une trop jeune carrière, tel un Kurt Cobain ou un James Dean, l'ours polaire Knut survit dans le c½ur de milliers de fans. Sur la Toile, ils sont près de 24 000 à «aimer» sa page Facebook. C'est certes beaucoup moins que le divin devin Paul le poulpe (196 906 fans), mais plus que Lassie et le canard WC réunis.

Il n'est donc pas étonnant qu'une bonne cinquantaine d'adorateurs du célèbre plantigrade aient manifesté, ce samedi à Berlin, contre le scandale planétaire du moment: l'empaillage probable de leur idole. Refusant l'idée de voir la dépouille de Knut prendre la poussière dans l'aile arctique d'un musée berlinois, ceux-ci réclament rien de moins que la crémation du mammifère, chose essentielle pour son repos éternel.

Qu'il soit jugé noble ou choquant, ce combat pour la dignité post mortem d'un nounours blanc pose une question fondamentale: célèbre ou pas, un animal entreposé comme un bout de viande pas frais peut-il revenir nous hanter? Peut-il nous faire payer le fait de l'avoir bourré de paille?

Une chose est sûre, ces questions métaphysiques n'émeuvent pas mon chat, pourtant grand défenseur de la condition animale (de la sienne surtout...). Il me le fait bien comprendre: tant que son thon en boîte quotidien n'est pas trop radioactif, peu lui chaut sa vie après sa neuvième mort...