C'en était peut-être trop

02 août 2015, 19:53
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39

En Côte d'Ivoire, l'après-Gbagbo a commencé. L'interminable conflit déclenché par l'élection présidentielle contestée de novembre 2010 a pris fin avec l'intervention armée de l'ONU et de la France. La communauté internationale, en reconnaissant presqu'immédiatement la légitimité de l'élection du rival de Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara, l'a ainsi emporté. Mais sans parvenir cependant à éviter des massacres qui auront fait plus d'un millier de victimes, alors que les centaines de casques bleus déjà déployés sur place ne sont pas intervenus.

L'offensive, lancée sur de vagues résolutions de l'ONU, aura certainement permis d'éviter des drames humanitaires supplémentaires, mais cette guerre civile laissera des cicatrices assez douloureuses pour hypothéquer durablement une indispensable réconciliation nationale. En jouant les fers de lance de l'opération, la France court le même risque qu'en Libye, celui de prendre parti, donc d'être assimilée dorénavant à l'un des belligérants. Mais Paris a aussi, et surtout, ½uvré à protéger ses intérêts, considérables, en Côte d'Ivoire - Ouattara ayant offert toutes garanties à cet égard.

Isolé et mis sous pression dans un pays en déliquescence, Laurent Gbagbo a en effet successivement, entre janvier et mars, nationalisé la filière du cacao, pris le contrôle de grandes sociétés multinationales et, finalement, de la plupart des banques, dont les succursales de grands établissements français. Son objectif était évidemment de restaurer à son seul profit l'indépendance économique du pays. C'en était peut-être trop pour Paris et New York...