Les pro-Ouattara aux portes d'Abidjan

02 août 2015, 19:52
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39

Le président ivoirien reconnu par la communauté internationale, Alassane Ouattara, n'a jamais été aussi proche de la victoire. Ses combattants arrivaient hier aux portes d'Abidjan.

La situation évoluait à grands pas en soirée dans la capitale économique de la Côte d'Ivoire, sous haute tension, dans la crainte d'une bataille finale. Le premier ministre d'Alassane Ouattara, Guillaume Soro, a lancé un ultimatum au président sortant, Laurent Gbagbo, pour démissionner. Sinon «on viendra, hélas, le chercher là où il est».

Un peu plus tôt, il confirmait que ses troupes avaient encerclé la ville d'Abidjan: «Nous tiendrons cette position jusqu'à ce que les ralliements se fassent et que la transmission du pouvoir soit effective au président Alassane Ouattara.» Un peu plus tard, les forces des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci) déclaraient avoir pris le contrôle de l'aéroport d'Abidjan. Enfin, le gouvernement d'Alassane Ouattara a imposé un couvre-feu à Abidjan, d'hier soir à dimanche matin, «pour des raisons de sécurité».

Le chef de l'Onuci, Choi Young-jin, a annoncé que le blocus de l'hôtel du Golf à Abidjan - qui servait de base à Alassane Ouattara depuis l'élection présidentielle du 28 novembre - avait été levé. «Les 50 000 policiers et gendarmes armés ont tous quitté Gbagbo. Il n'y a que les forces spéciales de la Garde républicaine et les commandos de forces spéciales.»

Dans une solennelle et grave adresse à la Nation diffusée sur sa radio et sa télévision, Alassane Ouattara a appelé hier les militaires encore fidèles au chef d'Etat sortant à rallier ses forces. Une première défection avait déjà eu lieu. Le général Philippe Mangou, chef des armées de Laurent Gbagbo, s'est réfugié mercredi soir à la résidence officielle de l'ambassadeur sud-africain à Abidjan.

Le camp Ouattara est en position de force après quatre mois d'une crise qui a fait plus de 460 morts. /ats-afp-reuters