Indonésie: les survivants du tsunami victimes de la faim et de la maladie

Après le tsunami qui a dévasté une partie de l'Indonésie et fait au moins 373 morts, les secouristes mettent en garde contre les risques de crise sanitaire.
25 déc. 2018, 09:58
/ Màj. le 25 déc. 2018 à 09:54
Le tsunami a fait au moins 373 morts.

Les secouristes s'efforçaient mardi d'apporter de l'aide aux régions dévastées par un tsunami consécutif à une éruption volcanique en Indonésie.

"De nombreux enfants sont malades. Ils ont de la fièvre, mal à la tête et n'ont pas assez d'eau", explique Rizal Alimin, un médecin de l'ONG Aksi Cepat Tanggap, dans une école transformée en abri de fortune.

Le tsunami a frappé soudainement samedi soir les rives du détroit de la Sonde, qui sépare les îles de Sumatra et de Java, faisant 373 morts, plus de 1400 blessés et 128 disparus, selon le dernier bilan de l'agence nationale de gestion des catastrophes.

D'après les experts, la catastrophe de samedi est consécutive à une éruption modérée de l'Anak Krakatoa, qui a provoqué un effondrement sous-marin d'une partie du volcan et le déplacement de vastes quantités d'eau. A la différence des tsunamis provoqués par les tremblements de terre, les vagues "volcaniques" ne laissent que très peu de temps aux autorités pour prévenir les gens.

"J'ai peur"

Plus de 5000 personnes ont été évacuées. Les experts mettent en garde contre le risque de nouvelles vagues mortelles dues à l'activité volcanique.

La vague provoquée par le volcan connu comme "l'enfant" du légendaire Krakatoa, l'Anak Krakatoa, a rasé des centaines de bâtiments sur les côtes méridionales de Sumatra et l'extrémité occidentale de Java. Bon nombre de réfugiés ont trop peur pour rentrer chez eux.

"Je suis ici depuis trois jours", déclare Neng Sumarni, 40 ans, qui dort avec ses trois enfants et son époux à même le sol de l'école, avec une trentaine d'autres. "J'ai peur, car ma maison est tout près de la plage".

Abu Salim, volontaire de l'association Tagana, explique que les travailleurs humanitaires peinent à stabiliser la situation. "Aujourd'hui, on met l'accent sur l'aide aux réfugiés qui sont dans des centres. On installe des cuisines. On distribue des équipements logistiques et plus de tentes dans des endroits plus adéquats", a-t-il dit à l'AFP.

Les gens "n'ont toujours pas accès à l'eau potable. De nombreux réfugiés sont partis sur les hauteurs et nous ne sommes pas parvenus à les atteindre". Les secouristes acheminaient l'aide principalement par la route. Deux bateaux du gouvernement faisaient également route vers plusieurs îles proches de la côte de Sumatra où les habitants sont pris au piège.