Hong-Kong: chaos dans les transports, la dirigeante Carrie Lam dénonce

Des manifestants ont semé le chaos dans les transports hongkongais ce lundi matin. Les militants ont bloqué des stations de métro à l'heure de pointe et au moins 105 vols internationaux ont été supprimés. La dirigeante de l'exécutif Carrie Lam a accusé les manifestants de vouloir "détruire" Hong Kong.
05 août 2019, 07:29
/ Màj. le 05 août 2019 à 07:26
Certains voyageurs étaient irrités par le chaos alors que d'autres exprimaient leur soutien au mouvement.

Le chaos s’est abattu lundi matin sur les transports hongkongais en raison de nouvelles opérations des manifestants pro-démocratie et d’un appel à la grève. Le métro a été bloqué et une centaine de vols annulés. La dirigeante dénonce «une situation très dangereuse».

Des militants sont descendus dans des stations de métro à l’heure de pointe et ont maintenu délibérément les portes de wagons ouvertes pour empêcher les rames de partir. De quoi provoquer de longues files d’attente. Certains activistes bloquaient également les routes.

Par ailleurs, au moins 105 vols internationaux ont été supprimés à l’aéroport de Hong Kong, l’un des plus fréquentés du monde. Interrogé, un porte-parole de l’aéroport n’a pas donné de raison pour ces annulations et a seulement déclaré que les passagers devaient vérifier si leur vol était effectivement prévu au départ ou non. Mais l’appel à la grève n’y serait pas étranger: de nombreux collaborateurs se sont portés malades lundi.

Dans le métro, si certains voyageurs étaient irrités par le chaos créé par l’action des manifestants, d’autres exprimaient au contraire leur soutien au mouvement, après deux mois de manifestations sans précédent visant à protéger les libertés à Hong Kong.

Ils veulent «détruire Hong Kong»

«Des perturbations aussi intensives au nom de certaines revendications (…) ont sérieusement contrarié la loi et l’ordre à Hong Kong et poussent la ville (…) au bord d’une situation très dangereuse», a déclaré à la presse la dirigeante de l’exécutif, Carrie Lam.

Elle a aussi accusé les manifestants de vouloir «détruire» Hong Kong.

«Nous avons vu récemment, c’est très clair, que les gens proposent de manière impertinente de 'reprendre Hong Kong, la révolution de notre temps' (…) et de contester la souveraineté nationale du pays», a ajouté la responsable pro-Pékin, en faisant référence à un slogan couramment utilisé lors des manifestations. «J’ose affirmer que cela vise à renverser Hong Kong, à détruire complètement la précieuse vie de plus de sept millions de personnes».

 

 

Huit week-ends de manifs

La mégapole, qui traverse sa plus grave crise politique depuis sa rétrocession en 1997 par Londres, a déjà connu huit week-ends consécutifs de manifestations de plus en plus souvent suivies d’affrontements entre de petits groupes radicaux et les forces de l’ordre.

La mobilisation a débuté avec la dénonciation d’un projet de loi – aujourd’hui suspendu – qui proposait de légaliser les extraditions vers la Chine. Les revendications se sont depuis élargies à la dénonciation du recul des libertés dans l’ex-colonie britannique ou à l’exigence de réformes démocratiques.