Espace: nouvel échec pour la fusée Vega à cause d’un défaut de fabrication

La fusée européenne Vega a connu mardi un nouvel échec: la perte de deux satellites. Un défaut lors de la fabrication du lanceur aurait entraîné une déviation de la trajectoire.
17 nov. 2020, 19:49
/ Màj. le 17 nov. 2020 à 19:49
La fusée Vega a dévié de sa trajectoire, huit minutes après son envol du pas de tir de Kourou (ARCHIVES).

La jeune fusée européenne Vega a essuyé mardi le deuxième échec de son histoire en perdant les deux satellites qu’elle transportait juste après son décollage. Un problème lors de la fabrication du lanceur, assemblé en Italie, en est la cause.

Huit minutes après un décollage réussi depuis le centre spatial de Kourou, en Guyane française, lundi à 22 h 52 heure locale (mardi à 02 h 52 heure de Paris), la trajectoire du lanceur s’est dégradée, et la mission a échoué, sans pouvoir placer en orbite sa charge utile.

C’est la deuxième fois en deux ans que Vega, lanceur léger présenté comme la «petite sœur» d’Ariane, subit une grave déconvenue, après une défaillance à l’été 2019 qui avait conduit à sa destruction, par précaution.

Erreur de production

L’incident de mardi n’a cependant «rien à voir» avec le premier échec, car cette fois l’erreur «ne vient pas de la conception, mais de la production», a expliqué le PDG d’Arianespace, Stéphane Israël, lors d’une conférence de presse depuis Kourou.

Il s’agit d’un problème «d’inversion des câbles», survenu au stade de la fabrication du lanceur, dont les éléments sont intégrés sur le site d’Avio, près de Rome en Italie. «C’est un problème de qualité, une série d’erreurs humaines», a détaillé Roland Lagier, directeur technique d’Arianespace.

Commission d’enquête

Arianespace et l’Agence spatiale européenne (ESA) vont mettre en place dès mercredi une commission d’enquête indépendante, chargée de «valider définitivement le scénario identifié et de mettre en évidence les raisons pour lesquelles cette erreur d’intégration n’a pas été détectée puis corrigée».

«Nous allons corriger, et nous reviendrons plus forts», a assuré le PDG d’Arianespace, qui a présenté ses «excuses» aux clients et constructeurs des satellites perdus: un satellite espagnol d’observation de la Terre, SEOSAT-Ingenio, et un satellite français d’exploration de la physique des orages, Taranis, pour le compte du CNES, l’agence spatiale française.

 

 

Le programme des trois prochains lancements d’Arianespace d’ici la fin de l’année, via des fusées russes Soyouz, reste par ailleurs inchangé, a assuré M. Israël.

Perte de contrôle

L’anomalie s’est produite sur le 4e étage du lanceur – l’étage supérieur, Avum – qui porte la charge utile. «Tout se passait comme prévu durant la première partie du vol, et c’est lors de l’allumage du 4e étage qu’on a perdu le contrôle», a raconté Roland Lagier.

Le lanceur est retombé dans la mer, loin de toute zone habitée, a précisé le groupe.

Il a ainsi perdu SEOSAT-Ingenio (750 kg), mission phare du plan stratégique de l’Espagne pour l’espace. Il s’agissait d’un satellite d’imagerie optique à haute résolution, qui devait alimenter des applications de cartographie, d’affectation des terres et de surveillance environnementale.