Didier Burkhalter prône la liberté d'expression à Pékin

03 août 2015, 08:50
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39

En visite en Chine, le conseiller fédéral Didier Burkhalter a insisté samedi à Pékin sur l'importance de la liberté de créer et la liberté d'expression lors du vernissage d'une exposition. Il avait auparavant inauguré une bibliothèque à l'Université de Tsinghua à Pékin, oeuvre de l'architecte suisse Mario Botta.

Didier Burkhalter a présidé samedi après-midi au vernissage de  l'exposition photographique «ReGeneration 2». Produite par le musée de l'Elysée de Lausanne, cette exposition présente en Chine les travaux de 80 jeunes photographes originaires de vingt-cinq pays.

Inaugurée en 2010 à Lausanne, l'exposition s'est installée à Pékin dans le village d'artistes de Caochangdi, à deux pas des ateliers d'Ai Weiwei, l'artiste contestataire arrêté le 3 avril à l'aéroport de Pékin.

Dans son allocution, le conseiller fédéral a indiqué que «la liberté artistique et la liberté d'expression sont des éléments essentiels pour guider et interpeller les civilisations dans un monde qui change vite». Il s'est exprimé devant un auditoire principalement non chinois.

Il a également déclaré qu'il «n'imaginait pas autant d'ouverture et d'expression» après sa visite de ce village. Mais en évoquant Ai Weiwei, il a ajouté: «je sais aussi que beaucoup de choses sont difficiles dans ce pays et qu'on doit admettre qu'il y a encore beaucoup de progrès à faire.» Il n'a pas exclu d'aborder le thème des droits humains lundi lors du volet politique de son séjour.

Première oeuvre de Botta en Chine
Plus tôt dans la journée, le chef du Département fédéral de l'intérieur avait inauguré la bibliothèque des sciences humaines et sociales de l'université de Tsinghua à Pékin, en présence de l'architecte suisse Mario Botta.

L'endroit a été qualifié de «cathédrale scientifique» par Didier  Burkhalter. Le ministre suisse s'est félicité de l'excellence des échanges scientifiques entre la Suisse et la Chine, «essentiels pour construire des ponts de compréhension mutuelle», a-t-il dit.

Cette bibliothèque, première réalisation de Mario Botta en Chine, est typique du style de l'architecte tessinois avec un cylindre central qui constitue l'auditorium, flanqué de bâtiments rectangulaires, le tout de couleur ocre. L'ensemble abritera environ 600'000 livres et pourra accueillir quelque 1000 étudiants.

Mario Botta a souligné le caractère symbolique des bibliothèques,  «espaces de paix et d'espoir.» /ats

«Faire comprendre l'importance des libertés»

Interpellé sur le fait que ce nouveau lieu de culture en serait  aussi un pour la censure, Didier Burkhalter a estimé que «la Suisse  peut aider à faire comprendre l'importance des grandes libertés. Il  n'y a pas de différence de grandeur entre la Chine et la Suisse  quand on parle de science, ça nous permet le dialogue dans tous les  domaines.»

Interrogé par l'ATS, Mario Botta a donné son avis sur l'affaire  Ai Weiwei jugé comme «un homme qui a eu beaucoup de courage». Il l'a  comparé aux artistes suisses Friedrich Dürrenmatt et Max Frisch,  dont les critiques ont fait «grandir» la Suisse. L'architecte a  poursuivi en estimant qu'il «arrivera un moment où tous les pays  vont gagner ces libertés qui pour nous sont tellement importantes.»

Le ministre de la culture visitera dimanche à titre privé la  grande muraille et la cité interdite. Il doit s'entretenir lundi  avec les ministres chinois de la santé, de l'éducation et de la  science et technologie.