Corée du Sud: le parquet sud-coréen veut arrêter l'ex-présidente

L'ex-présidente sud-coréenne Park Geun-hye a étendue pendant près de 14 heures par les enquêteurs sur le scandale de corruption qui a entraîné sa destitution. Le parquet va maintenant demander son arrestation. Mme Park encourt plus de dix ans de prison si elle est reconnue coupable d'avoir reçu des sommes illégales.
27 mars 2017, 07:06
/ Màj. le 27 mars 2017 à 14:46
La cheffe de l'Etat encourt plus de dix ans de prison si elle est reconnue coupable.

Les enquêteurs sud-coréens travaillant sur le retentissant scandale de corruption qui a entraîné la destitution de la présidente Park Geun-hye ont annoncé lundi qu'ils allaient demander son arrestation. Lors de sa longue audition, il y a moins d'une semaine, l'accusée a démenti tout abus.

Le tribunal central de district de Séoul tiendra jeudi une audience afin de déterminer si l'ex-présidente doit être arrêtée et placée en détention pour une durée pouvant aller jusqu'à 20 jours. L'audience sur un mandat d'arrêt était fixée à jeudi 10h30 locales (02h30 suisse). La décision, elle, devrait être annoncée jeudi soir ou aux premières heures de vendredi.

Mme Park, 65 ans, avait échappé pendant des mois à la justice grâce à son immunité présidentielle. Pendant des semaines, des foules avaient manifesté pour demander le départ de la chef de l'Etat et des poursuites à son encontre.

Mais elle a quitté la présidence sud-coréenne le 10 mars après la confirmation de sa destitution par la cour constitutionnelle. Elle est soupçonnée de nombreux délits, et notamment d'avoir été la complice de sa confidente Choi Soon-sil, jugée pour avoir utilisé ses relations pour extorquer des dizaines de millions de dollars aux conglomérats sud-coréens.

Pots-de-vin

"L'accusée a abusé de ses énormes pouvoirs et de son statut de présidente pour recevoir des pots-de-vin des entreprises, ou pour violer les principes de la liberté de gestion des entreprises, et a fait fuiter des informations confidentielles importantes sur des affaires d'Etat", ont annoncé les enquêteurs dans un communiqué. "Ce sont des sujets graves", ajoutent-ils.

"Beaucoup de preuves ont été rassemblées, mais l'accusé rejette les accusations et il y a un risque de destruction de preuves."

Mme Choi, l'amie de 40 ans de Mme Park au coeur du scandale, est elle-même détenue et il serait "contraire aux principes d'équité" si l'ex-présidente n'était pas elle-même arrêtée, poursuivent les enquêteurs.

L'ex-présidente a été entendue pendant près de 14 heures la semaine dernière par les enquêteurs. Si les tribunaux accèdent à cette demande de mandat d'arrêt, le parquet disposera de vingt jours pour poursuivre l'enquête et mettre en examen l'ancienne dirigeante.

Mme Park encourt plus de dix ans de prison si elle est reconnue coupable d'avoir reçu des sommes illégales de certains patrons de conglomérats.