Corée du Sud: la présidente du pays, Park Geun-hye, a été officiellement destituée par la justice pour corruption

Park Geun-hye, la présidente du pays, a été officiellement destituée par la justice. La fille de l'ancien dictateur militaire Park Chung-hee est impliquée dans un important scandale de corruption.
10 mars 2017, 07:11
/ Màj. le 10 mars 2017 à 07:16
Park Geun-hye était présidente depuis 2012.

Après des mois de turbulences, la plus haute instance judiciaire de la Corée du Sud a entériné vendredi la destitution de la présidente Park Geun-hye, engluée dans un vaste scandale de corruption. La décision ouvre la voie à la tenue d'une présidentielle anticipée dans les 60 jours.

Mme Park, 65 ans, fille du dictateur militaire Park Chung-hee, était devenue en 2012 la première femme chef de l'Etat de Corée du Sud, avec le plus grand nombre de voix d'un candidat de l'ère démocratique. Mme Park, premier chef de l'Etat sud-coréen limogé de la sorte, perd aussi son immunité présidentielle, ce qui l'expose à d'éventuelles poursuites judiciaires.

Les agissements de Mme Park "ont porté gravement atteinte à l'esprit (...) de la démocratie et de l'Etat de droit", a déclaré le président de la cour constitutionnelle, qui a pris sa décision à l'unanimité. "La présidente Park Geun-hye (...) a été congédiée".

Ce scandale à tiroirs est centré sur la confidente de l'ombre de Mme Park, Choi Soon-sil, elle-même jugée pour avoir soutiré des millions de dollars à de grands groupes industriels. La cour a estimé que Mme Park avait enfreint la loi en permettant à son amie de se mêler des affaires de l'Etat et avait contrevenu aux règles sur le travail des fonctionnaires.

"Manquements graves"

"Les violations par Mme Park de la constitution et des lois ont trahi la confiance du peuple", a poursuivi le président de la cour. Elle a commis "des manquements graves et inacceptables".

"Le président doit user de son pouvoir conformément à la constitution et aux lois, et les détails de son travail doivent être transparents, afin que le peuple puisse évaluer son travail", dit l'arrêt.

"Mais Mme Park a complètement dissimulé les ingérences de Mme Choi dans les affaires de l'Etat, les a démenties, quand des soupçons ont émergé, et a même critiqué ceux qui avaient émis ces soupçons".

La défense de Mme Park a exprimé ses "profonds regrets". Mais pour Kwon Seong-dong, député au premier rang de la fronde anti-Park, ce verdict confirme "la règle de droit qui veut que tous, y compris le président, sont égaux devant la justice".

Au plus bas dans les sondages, Mme Park avait été destituée le 9 décembre par l'assemblée nationale, qui lui reprochait sa complicité avec Mme Choi. Des millions de Sud-Coréens étaient descendus dans la rue pour réclamer son départ.