Climat: trois cents millions de personnes menacées par la montée des océans

Grâce à l'utilisation de nouvelles données concernant le relief, il semble que beaucoup plus de gens vivent dans des régions vulnérables à la montée des eaux que ce qui était estimé jusqu'à présent selon l'institut de recherches Climate Central, aux Etats-Unis.
29 oct. 2019, 20:53
/ Màj. le 29 oct. 2019 à 20:53
Depuis 2006, les océans montent d'environ quatre millimètres par an.

D’ici 2050, des zones côtières abritant 300 millions de personnes pourraient être menacées par la montée des océans liée au changement climatique, selon une étude parue mardi. La région la plus exposée est l’Asie.

Plus des deux-tiers des populations concernées se trouveront en Chine, au Bangladesh, en Inde, au Vietnam, en Indonésie et en Thaïlande, selon cette étude parue dans Nature Communications. Utilisant une forme d’intelligence artificielle, les chercheurs ont corrigé des données existantes concernant l’altitude des terres dans les zones côtières.

«Les projections de l’élévation du niveau des océans n’ont pas changé», explique Ben Strauss, co-auteur de l’étude et président-directeur de Climate Central, un institut de recherches aux Etats-Unis. «Mais lorsque nous utilisons nos nouvelles données concernant le relief, nous trouvons beaucoup plus de gens vivant dans des régions vulnérables que ce que nous estimions jusqu’à présent», poursuit-il.

 

 

Aucune protection

Actuellement, environ 100 millions de personnes habitent dans des zones situées sous le niveau de la mer, selon cette étude. Certains sont protégés par des digues, mais la plupart ne bénéficient d’aucune protection.

Plusieurs menaces pèsent sur les populations des littoraux: l’une d’elle est l’élévation du niveau des océans causée par la dilatation de l’eau sous l’effet du réchauffement climatique et la fonte des glaces au Groenland et en Antarctique.

Quatre millimètres par an

Depuis 2006, les océans montent d’environ quatre millimètres par an. Ce rythme pourrait être multiplié par 100 si les émissions de gaz à effet de serre restent inchangées, a averti le mois dernier le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) dans un rapport sur les océans.

Une autre menace est constituée par les typhons, cyclones et ouragans violents qui vont devenir plus fréquents. «Il n’est pas nécessaire d’avoir une augmentation importante du niveau des mer pour causer des problèmes catastrophiques», commente Bruce Glavovic, professeur à l’université Massey en Nouvelle-Zélande, qui n’a pas pris part à l’étude.